My day stands still

Plus rien ne bouge. Plus rien ne semble bouger. Alors que je regarde au loin devant moi pas un souffle ne fait frémir l’air que je respire. J’ai beau essayer de voir le plus loin possible, de me mettre sur la pointe des pieds pour discerner les formes les plus éloignées de ma position je n’aperçois rien qui ait l’apparence ou la texture d’un mouvement potentiel. Je sais pourtant qu’il ne tient qu’à moi d’actionner mes membres, de délier mes muscles pour avancer mais je me sens bloqué, emprisonné et je ne parviens pas à faire interagir ma volonté et mon corps. La communication est visiblement coupée entre l’un et l’autre et il me manque une pièce pour les reconnecter. Et c’est dans cette pièce de mécanique interne que réside toute ma problématique. Sans elle je suis condamné à rester immobile, épouvantail pathétique. Avec elle je suis capable de me mettre en branle et d’aller vers l’avant. Vers je ne sais quoi mais avancer vaut toujours mieux que rester cloitré dans sa propre coquille qui chaque jour gagne une couche de poussière qui se cristallise instantanément rendant le mouvement de plus en plus difficile.

Et j’ai le sentiment que la recherche de cette pièce « manquante » devient malgré moi, la quête existentielle de ma vie. Elle est l’objet de convoitise de la lutte quotidienne et titanesque qui se joue en moi. Elle est la clef qui permettrait d’ouvrir certaines vannes et d’en fermer d’autres. Elle est le rouage manquant de ce mécanisme imparfait et insatisfaisant qui est « moi ».

C’est assez paradoxal cette conscience permanente des choses et cette incapacité à les guérir. Mais avoir conscience ce n’est pas avoir de traitement. Ce n’est pas parce que l’on est conscient des symptômes d’une maladie que l’on est nécessairement capable de la soigner. Cela permet d’en connaître la teneur, la localisation, la gravité mais ce n’est certes pas suffisant pour en trouver le remède immédiat et définitif. Donc voilà où je me situe. J’ai connaissance des choses qui ne vont pas dans mon comportement et qui m’empêche d’atteindre mon objectif (faire des films). Maintenant il me reste à trouver le remède à cette affliction, ce handicap que je m’inflige à moi-même. Une partie de ce remède est extérieure à moi bien évidemment mais une autre est mon entière responsabilité. Et c’est sur celle là qu’il me faut me pencher. Et vite.

 

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