2010

Premier article de l’année pour vous souhaiter (genre il y a des gens qui lisent) une bonne année à toutes et à tous. La santé d’abord que l’on fait toujours passer en premier parce qu’effectivement sans santé il ne peut y avoir le reste, de la réussite dans tout vos projets quels qu’ils soient professionnels ou personnels et plus globalement un bonheur de vivre quotidien et inaltérable. Ne pas se laisser manger par la vie active et toujours valoriser le temps présent comme un temps unique et en extraire le meilleur en permanence. Ceci est inconsciemment (ben non puisque je l’écris) un conseil que je veux m’appliquer à moi même en priorité. Ce n’est pas facile et cela induit de définir ce que veut dire « valoriser le temps présent ». Etre face à cet ordinateur en train d’écrire ce texte est-ce de la valorisation ? Ou de la perte ? Personne ne peut l’affirmer. De même que passer une heure à regarder des conneries sur Internet ne semble pas à proprement parler de la valorisation de quoi que ce soit. Cependant je pense qu’il faut regarder cela à l’aune du plaisir procuré par une telle activité. Enfin bref, il s’agit de savoir définir ce qui est bon pour soi et ce qui serait meilleur. Voilà, la conclusion de cette lapalissade verbale inutile :  sachez ce qui est le meilleur pour vous et allez toujours dans cette direction quitte à faire des sacrifices. Car sur le long terme c’est cela qui sera toujours le plus gratifiant.

D’ailleurs cette locution « long terme » devient de plus en plus importante à mes yeux. Je la confronte en permanence au « court-terme » du quotidien. Ma situation actuelle est satisfaisante (un travail alimentaire certes mais agréable et pas prise de tête, un appart décent, une copine géniale, la santé etc…) au quotidien mais apparaît plus que précaire sur le long-terme. Si je continue ainsi je serais contraint à n’envisager l’avenir que sur une très courte durée. Il me faut voir plus loin, plus haut aussi. Lancer mon regard horizontalement et verticalement plus loin pour essayer d’assurer le reste. De plus en plus je suis surpris et frustré de voir des gens jeunes avoir une réussite professionnelle incroyable. Tel mec, vu à la télé qui, à 28 ans, peut déjà se payer un appartement de 650 000 €. Quand j’aurais 28 ans, je serais probablement toujours assis sur cette même chaise, face à ce même écran (s’il ne me lâche pas avant, il montre des signes de faiblesses) et je n’aurai certainement 650 000 € pour acheter un appartement. Bon tout est question de business, de branches, de plan de carrière. Mon but n’est pas de gagner de l’argent. Mais j’ai l’impression parfois que, déjà, j’ai un retard énorme sur ma génération. Putain d’esprit de compétition.

Enfin bref, dans moins de deux semaines, je soufflerais 27 bougies. C’est assez éprouvant. Je m’éloigne de 20 et m’approche de 30. Je peux commencer à dire « quand j’avais 20 ans ». Il y a dix ans, j’avais 17 ans et je n’étais pas sérieux. J’étais un grand romantique qui écrivait des poèmes et avait des rêves plein la tête. Je ne peux pas dire que je me sois déçu pour le moment où que je me sois renié. J’ai toujours poursuivi ce que je voulais. Mais j’ai la sensation d’avoir perdu l’esprit que j’avais à l’époque. Cette inébranlable foi en moi. En ce que j’avais à l’intérieur. Ce n’était pas quelque chose d’ostentatoire ou de présomptueux. Seulement le sentiment d’être légitime en tant qu’être humain au sein du monde. C’est probablement un sentiment propre à l’adolescence où se cristallise énormement de choses et où l’on acquiert une vraie specificité au sein de la société. En tout cas je l’ai vécu très fort et aujourd’hui je sens que je fais le chemin inverse. Que peu à peu je recommence à me fondre dans la masse indistincte de la vie active. Et alors que c’était naturel quand j’avais 17 ans, je dois me battre, assez durement d’ailleurs, pour garder la tête au dessus de tout ça.

J’ai toujours dit que nous partagions tous une nostalgie innée de l’enfance qui nous suit toute notre existence. Gin n’est absolument pas d’accord avec moi et, au contraire, s’affranchit totalement de ce qu’elle était quand elle était plus jeune. Il appartient à chacun de jeter un regard particulier sur son enfance/adolescence. Ou pas. Peut-être qu’il faut se contenter d’avancer et ne pas regarder derrière. Valoriser le temps présent ne peut s’accomplir tant que chaque instant se construit comme un bilan par rapport à un temps révolu. Je suis ce que je suis maintenant et c’est tout.

Beaucoup de babillages inutile mais ce ne sont que l’expression de pensées qui affluent en moi dernièrement. Je pense toujours être un peu perdu entre ce que je veux être et ce que je suis n’arrivant pas à concilier harmonieusement les deux. J’ai cette passion artistique pour le cinéma et de plus en plus je la vis comme une malédiction tellement je construis ma vie autour d’elle et de son potentiel echec. Ma malédiction et ma porte de sortie. Comme un super-pouvoir.

Plus prosaïquement, mon année 2010 sera celle où je fais un nouveau film (peu importe quoi, un documentaire sur mes orteils s’il le faut), où je me fais un nouveau tatouage (je sais quoi et où mais il faut que Gin me fasse le design), où je change de boulot (il faut que je me force, j’ai l’impression que ce magasin est de plus en plus comme ma chambre et je pourrais aisément m’y endormir et me réveiller à la retraite en regrettant de ne pas avoir mis de réveil) et où j’essaie d’être plus équilibré qu’en 2009.

Un petit conseil ciné avant de nous quitter : Une Vie Toute Neuve. Magnifique film coréén (produit et co-écrit par Lee Chan-Dong) sur une petite fille triste dans un orphelinat. C’est simple mais infiniment touchant. J’ai pleuré presque du début à la fin. Je conseille très, très chaudement.

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