L’heure du bilan

Voila, ça fait un an maintenant que j’habite à Paris, que j’ai opéré ce déménagement que j’espèrais décisif pour moi et que j’avais fantasmé plusieurs années durant. Qu’en est-il aujourd’hui, un an après, positif, négatif, neutre ?
D’un point de vue personnelle, je me suis éclaté. La ville est merveilleuse, je ne m’en lasse pas (je la connais à peine à vrai dire tellement il y a de choses à voir). J’ai bien peur de n’avoir jamais envie de m’en séparer. De plus j’ai pu profiter du cinéma comme j’avais je ne l’avais fait avant. Voir beaucoup de choses différentes et passionnantes auxquelles je n’aurais pu assister auparavant. Il faut que je me bouge plus pour aller voir des expos et des musées (heureusement que Gigi me pousse un peu dans ce sens là) car c’est inépuisable. Et la vie en elle-même a été vraiment super agréable. J’ai profité comme jamais des joies d’être au coeur de la ville durant les 9 mois que j’ai passé à République. Rarement je n’avais senti ce poids de la « cité » tout autour de moi, sa prégnance architecturale et humaine, ses entrelacements secrets, son sein si paradoxalement chaleureux et impitoyable. J’ai tout de suite trouvé un travail. Parmi l’éventail des possibilités de jobs que je puisse trouver celui-là en représentait un peu le Graal. Vendeur DVD dans une grande enseigne idéalement placée (Virgin des Champs-Elysées). Ça me changeait de la préparation de commande à moins 30 et de la pose de parquet, 8 heures par jour à genoux. Et effectivement le travail est très plaisant. Entre les collègues cinéphiles, le rythme de travail on ne peut plus tranquille et les produits qui nous entourent je ne peux pas me plaindre. Je n’ai pas encore le syndrome de me battre tout les jours pour aller au travail. Quand j’enfile mon gilet et me retrouve sur le terrain j’ai parfois l’impression d’être dans ma chambre.

Mais ce n’est pas suffisant. Le gros bémol de cette année a été clairement le cinéma d’un point de vue professionnel. Que ce soit dans la diffusion d’Entre la Lune et le Soleil (diffusé dans un bar, je ne me suis pas assez bougé de ce côté là je le reconnais) ou dans le montage de mon nouveau projet (écrit il y a déjà un an), Le Chevalier Errant sans Monture qui n’a pas avancé d’un pouce, c’est un peu une année perdue. Cela me paraît un peu normal de prendre du temps pour trouver ses marques, pour savoir vers qui s’adresser etc… Mais toujours est-il que je finirais 2009 fortement frustré. D’autant que je n’ai aucune assurance de rebondir en 2010. J’ai parfois l’impression que ça ne tient qu’à moi et l’instant d’après je m’apitoie sur moi-même en maudissant ce foutu système. Je m’étais promis d’aller à Cannes avec un nouveau film à mettre au Short Film Corner mais je dois dire que pour l’instant il n’y a rien de vraiment concret qui puisse remplir le contrat de cette promesse.

Alors je traverse une période de remise en cause personnelle et professionnelle assez profonde. Je me sens parfois un peu perdu dans ma propre tête. Mais ça n’entache pas ma motivation et mon envie d’aller de l’avant, je pense que c’est le plus important. Comme pour beaucoup de mes amis, on vit tous une période charnière de notre vie où pour certains c’est plus facile de s’insérer dans la file qui leur convient et où pour d’autres on tâtonne à l’aveugle sans savoir ce qu’il y a devant. Je préfère cela ceci dit, à un boulot fixe dans lequel je sais que je vais probablement y passer le reste de ma vie active. Il n’y aurait rien de plus triste.

Enfin bref, j’habite à Paris, j’ai un boulot alimentaire sympa qui me prend beaucoup de temps, je commence à donner des cours à un atelier vidéo et je me rends compte que je m’amuse énormément et y trouve beaucoup de plaisir (piste à creuser pour le futur), je suis totalement heureux en couple, j’ai un appart sympa et j’ai des projets de films dont un court-métrage qui me tient très à coeur et auquel je crois beaucoup. Voilà comment je peux résumer ma vie à l’heure d’aujourd’hui. Voilà le bilan qui clôt cette première année dans la capitale.

Rendez-vous dans un an.

Une réponse à “L’heure du bilan”

  1. Em dit :

    Etrange. Je tombe sur ce blog en naviguant sur dvdclassik, sur le topic du coffret Jorodowski.
    Etrange de lire quelqu’un qui traverse les mêmes étapes que je vis actuellement. Je vais aussi avoir 27 ans dans quelques semaines et j’ai les même questionnements. Je crois que c’est un âge charnière effectivement. Celui qui éloigne des 20 et rapproche des 30 ans.
    L’âge où socialement, il faut commencer à se poser, fonder une famille, etc. Une sorte de deadline pour réussir sa vie, c’est assez flippant.

    Paraît que ce blues passe quand on a 28 ans. :-)

    Et effectivement, ne pas oublier ses rêves, ni son ambition. Jamais. C’est tellement facile de se laisser porter.

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