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Archive pour juillet 2009

General Error

Jeudi 23 juillet 2009

En ce bon jour de congé qui m’est arrogé je pensais terminer le DVD du film que j’ai tourné il y a déjà deux ans, histoire quand même de tourner la page et de passer au prochain qui se fait méchamment attendre (par moi en tout cas, je suis mon premier fan…). Mais c’était sans compter la dure loi des logiciels qui en a décidé autrement et qui m’a gentiment gratifié d’un « general error » au moment de la gravure du saint disque. Un « general error » concis, deux mots qui claquent comme le drapeau américain planté sur le sol lunaire (et oui c’est d’actualité) et qui me refusent toutes actions quelle qu’elle soit. Un « general error » vague qui ne précise ni l’origine du problème et encore moins, la possibilité de sa solution. Un « general error » qui enterre toutes tentatives de resolution du problème potentiel. Un « general error » totalement fatal qui jaillit dans ma face ahurie. Bon, je dois l’avouer, le logiciel sur lequel je travaille n’a pas été obtenu légalement. Est-ce une vengeance alors de son créateur, qui te laisse faire tout le boulot, tout le projet mais qui t’interdit d’en profiter ? Est-ce une punition du Tout-Puissant pour ce péché de vol que j’ai commis ? Est-ce un clin d’oeil du destin pour me signifier que ce « general error » est entièrement à l’image de ma carrière de cinéaste ? Quelque chose qui n’éclora jamais et qui restera à l’état d’un projet non finalisé, voué à être effacé le jour où mon disque dur interne manquera de place pour les gros fichiers « responsabilités matérielles » et surtout « enfants ».

Enfin bref, j’en suis là devant mon écran, à ne savoir que faire. A tenter vainement des copies de fichier et d’autres choses inutiles quand peu à peu je perds l’envie de me battre. Et je dérive. Je clique sur le renard et me voilà parti dans le vortex mangeur de temps.Ce DVD ne sera pas terminé aujourd’hui alors qu’il aurait pu. Éternelle procrastination. La Mal de notre génération.

Tenemos casa !

Lundi 13 juillet 2009

Ca y est nous avons un appartement ! Cela s’est passé finalement d’une manière assez simple puisque suite à une visite très sympathique avec un propriétaire très concerné par nos situations et véritablement à l’écoute malgré notre dossier assez faible, ledit propriétaire a téléphoné à mon père avec qui il s’est entendu à merveille et où le dernier l’a assuré de sa totale prise en charge de la moindre défaillance de mon compte en banque dans le paiement de mon loyer. Cela a apparement suffi au propriétaire pour prendre sa décision et me rappeler en m’annonçant positivement que notre dossier était retenu en se rassurant d’un « j’espère que vous êtes sérieux« … Ô joie enfin nous allons quitter ces 14 m² dans lesquels nous étouffons de plus en plus et nous allons pouvoir enfin vivre normalement avec un lit, un bureau, une table pour manger. Je regrette simplement que cette transaction se soit une fois de plus conclue grâce à l’apport indirect de mon père. J’eusse aimé pouvoir le convaincre à la simple force de mon argumentaire et sentir dans sa voix, ses yeux ou son attitude la réussite de mon discours. Mais non ça ne s’est pas passé ainsi et je crois qu’il est fort peu probable que cela ait pu jamais se passer ainsi. J’espèrais dans cette quête d’un logement au sein de cette jungle inique pouvoir remonter à la surface cette confiance en moi que je semble avoir enfoui légèrement trop profondément dans mes entrailles dernièrement. Pouvoir convaincre un propriétaire de ma viabilité financière équivaut à convaincre un producteur de ma viabilité artistique. Le but est différent mais la victoire est la même. En serais-je jamais capable ? Aurais-je un jour l’opportunité seulement de défendre ce que j’ai à offrir ? J’ignore tout ça…

Mais tâchons de ne pas retourner cette heureuse nouvelle en démonstration d’un echec. Nous allons par contre devoir quitter Paris et surtout le quartier où nous sommes actuellement et que j’adore (le 03ème arrondissement) pour une banlieue proche (Asnières) où le charme est moins immédiat et la ville un peu moins accessible (nous sommes proche du métro, moindre mal). Jamais je n’aurais cru que sortir de la ville me causerait un si grand chagrin. Comme si habiter au delà du périphérique c’était déjà avouer mon echec social. Je m’en veux d’avoir ce genre de préceptes que seul un parisien pur souche serait en droit d’avoir mais malheureusement c’est plus fort que moi. Je suis plus bobo que je ne veux bien me l’avouer. Enfin bref, nous construirons notre petit nid d’amour avec tout le soin que nous avons pris pour construire notre relation et pour la première fois, même si nous avons vécu plus de deux ans ensemble, Gin et moi avons la véritable sensation de s’installer ensemble, de commencer quelque chose. Et ça c’est délicieusement excitant.

Côté boulot, je termine actuellement le DVD d’Entre la Lune et le Soleil. Gin m’a fait cadeau d’un magnifique dessin qui sera la jaquette du DVD. J’en suis très fier et un tel écrin prendra magnifiquement soin du film, si cher à mon coeur.

L’été parisien est une blague. Deux semaines de grosses chaleurs et depuis plusieurs jours tout est retombé. Que de grisaille et de fraicheur. Je fantasme un nouvel été brûlant en Andalousie.

Toujours vivant…

Mercredi 1 juillet 2009

Bon voilà, malgré toutes mes précautions et mes mises en garde je n’écris plus ici. Ce n’est pas un manque de motivation ou d’inspiration mais simplement le résultat d’un profond chamboulement de mon quotidien m’obligeant contre mon gré à revoir mes systématismes. J’ai vécu seul pendant 9 mois et je crois que je trouvais ici le lieu idéal pour m’épancher sur tout et rien, pour garnir d’enjolivures les micro-événements de mon univers et les fluctuations superficielles de mon caractère hyper-sensibles. Et depuis qu’est revenu dans ma vie l’amour de ma vie, c’est à elle que je consacre tout cela. C’est elle la page blanche de ce blog sur laquelle je m’exprime. C’est en plus un blog ineractif où les commentaires sont immédiats. Comme un un outil virtuel doué d’une intelligence artificielle. Je crois être parvenu à une satisfaction relationnelle totale où je me sens entier. D’où je pense mon inintérêt momentané pour venir écrire ici même. Mais peu à peu je me rends compte de l’importance de ne pas me laisser aller et du regret que je ressentirais si effectivement je ne me donnais plus la peine de garder actif ce petit morceau de moi. Donc c’est fait me voilà de retour. J’essaierais d’être plus constant. D’autant qu’un nouveau récit vient de s’ouvrir avec la recherche d’appartement que nous avons entrepri il y a quelques semaines et qui se révèle pour l’instant toute catastrophique. Nous n’avons pas le niveau social pour prétendre à un logement au delà d’un loyer de 400 € (puisque rappelons le, il faut gagner trois fois et demi le montant du loyer pour prétendre au logement). Or, les appartements qui nous intérèsse  se situent plutôt entre 650 et 750 €. Tout ça pour avoir une chambre et un salon séparé et le droit de vivre décemment. Car depuis plus d’un mois nous survivons dans 14 m². La chaleur n’aidant pas, nous étouffons tous les deux dans ce petit cube encombré où chaque mouvement doit être fait avec précaution pour ne pas heurter un meuble où faire tomber une pile de vêtements. Et se faire dire très souvent lorsqu’on téléphone à une agence pour un appartement qui convient que l’on ne gagne largement pas assez, c’est horriblement rageant. Avoir l’impression terrible de demander la lune et de ressentir dans la voix de son interlocuteur le léger sarcasme face à des illuminés. Il nous reste deux mois et demi pour trouver quelque chose avant que ne s’achève mon préavis. Le compte à rebours a commencé.

Il y a un an que je terminais mon film. Je dois reconnaître une grande décéption en ce qui concerne toute la carrière en festival qu’il n’a pas eu et plus généralement dans l’exposition que je lui ai donné. Je ne me suis peut-être pas assez battu, je ne sais pas. En tout cas, un an d’inactivité cinématographique me fend le coeur (bon j’ai écris quand même) et je meurs d’envie de m’y remettre. Je ne sais pas trop quand, ni comment, mais ça bouillonne et je sais que tôt ou tard, je franchirais le pas.