Archive pour juin 2009

Here we go again !

Vendredi 5 juin 2009

Ça y est, Gin est revenue dans ma vie. Définitivement. Après ces difficiles mois de séparation où les conversations téléphoniques ou visio-conférences étaient devenues insatisfaisantes voires insupportables, nous avons retrouvé nos corps, nos odeurs, nos effluves et notre amour. L’installation s’est faite avec plus de douceur que je ne l’imaginais et aujourd’hui malgré les 14m² de logement la cohabitation est harmonieuse. Cependant il nous faut penser à déménager. A aller vers quelque chose de plus grand. Nous n’avons pas la prétention de vouloir un palace mais simplement un appartement avec une chambre et un salon. Quelque chose avoisinant les 30-35 m² dans lequel chacun de nous pourra se déplacer sans entraver l’autre. Nous avons commencé plein d’entrain les recherches préliminaires mais très vite on nous renvoya une donnée douloureuse et discriminatoire. Pour pouvoir prétendre louer un appartement d’un loyer de 700 € (ce qui correspond à ce que nous recherchons), il faut que le locataire signataire du bail gagne 3 fois et demi le montant du loyer et bénéficie d’un CDI datant de plus d’un an… Donc moi, simple vendeur, titulaire d’un CDI datant de moins de 6 mois et d’un salaire de 1300 € et ma compagne future étudiante boursière n’avons le droit à rien… Nous avons juste le droit de rester dans notre 14m² (qui m’avait été alloué sous forme de faveur vu ma condition de pauvre) et de fermer notre gueule. J’ai eu beau invoquer la possibilité d’avoir des garants qui (potentiellement, il faut que je demande ça à des amis et c’est assez gênant) gagnent 3 fois et demi le montant du loyer, la conclusion de la personne de l’agence fut irrévocable : « Ce n’est pas possible »

Voilà, à peine quelque mois après avoir galéré comme un fou pour trouver le petit trou dans lequel je me trouve, voilà qu’il me faut replonger tête la première dans la bataille pour espérer obtenir le droit de vivre dignement alors que j’ai un emploi et un salaire. Cette discrimination sociale permanente et humiliante me dégoûte et me désespère. Je sais que nous finirons par trouver quelque chose à force de chercher, qu’il existera une brèche dans le système, une étincelle d’humanité dans laquelle nous pourrons nous engouffrer mais je sais aussi qu’il va certainement nous falloir revoir nos exigences à la baisse.

Enfin ne nous plaignons pas. Nous voilà en couple, à Paris, l’été arrive et nous sommes heureux. 14m² de bonheur intense vaut peut-être mieux que 35m² de bonheur dilué. Ca veut rien dire mais au moins c’est rassurant…