Rien à dire

Bon et bien ce qui devait arriver est arrivé. Je n’ai plus rien à écrire. Enrôlé dans l’aliénant système des 35 heures mon quotidien ne me laisse plus le temps de trouver de la matière à venir étaler ici. Et ce n’est pas par manque de temps mais plutôt par fainéantise et par manque de disponibilité intellectuelle. C’est là à ce moment précis que s’opère ce basculement tant redouté vers la douceur agréable du laisser-aller où le travail et la détente et la dialectique qui les rend inhérents l’un à l’autre sont les uniques préoccupations de l’employé. Il est très facile de tomber dans cette satisfaction de l’immédiateté, condamné à être frustrante et porteuse d’immenses regrets sur le long-terme. C’est pourquoi je me torture et ne me laisse pas tranquille en essayant toujours d’aller chercher au fond de moi ce qui va véritablement avoir un sens pour moi. Essayer de ramener toujours sa vie à la surface. Ou du moins essayer de le faire. Sinon elle s’enfonce et s’enfonce et finit par se ratiociner comme la pousse abandonnée et rabougrie d’un arbuste privé de soleil.

Et mine de rien venir écrire ici est un geste qui est une étape de ce processus. Car cela me fait prendre conscience des choses. Par l’écriture je mets à plat ce qui me tourment et ça ne reste pas des pensées diluées dans les cumulonimbus orageux de mon cerveau. Mais bien sûr que l’acte le plus signifiant de ce manifeste anti-routine est bien sûr l’avancement de mes projets ciné et la ferveur avec laquelle je m’y consacre. Je suis toujours sur l’écriture du Chevalier Errant sans Monture où un problème assez précis me bloque depuis quelques jours. J’espère pouvoir terminer cela aujourd’hui et demain (mes jours de congés) et pouvoir enfin envoyer le premier dossier à une boîte de production.

Bonus anecdote : Hier un client est venu et est resté devant un des écrans du magasin, celui qui diffusait La Momie 3, durant près de deux heures. Là, debout, sans bouger, au milieu de la foule pressée et vulgaire du dimanche il a regardé le film du début à la fin, sans le son. Au générique il est parti comme on part d’une séance de cinéma. C’est une image qui m’a paru terriblement triste. L’affichage de cette solitude stérile et désoeuvrée un dimanche après-midi dans un grand magasin sonnait comme un appel à l’aide, un SOS amitié lancé au milieu de l’humanité qui y est restée sourde.

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