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Archive pour février 2009

Courbatures

Vendredi 27 février 2009

Hier soir a eu lieu mon troisième cours d’Art du Déplacement. Et je dois dire que je ne m’attendais pas à un entraînement aussi violent. Après une bonne heure et demie de travail de fond intensif fait de course à pied enrichie d’exercices divers tels une course à l’envers sur les pointes et des passages sur des corniches, on passe aux exercices techniques de passages et de déplacement proprement dit. On commence sur une table de ping pong en pierre où l’en partant du coin, l’on doit pivoter sur son bras en passant par dessus et parvenir à faire un 180° et retomber exactement d’où l’on est parti. Très amusant mais beaucoup plus technique que je ne l’aurais imaginé. Je ne parviens toujours pas à l’effectuer parfaitement d’ailleurs. Sinon on fait des roulades sur la table et des passages en chat (on pose les mains à plat et les jambes viennent se poser vers les mains, comme un félin). Et c’est lors d’un de ses mouvements que je me suis un peu claqué le bras. J’ai voulu y aller trop fort et j’ai payé le prix fort. Mais bon j’ai pu terminer et finalement ça a été. Aujourd’hui mon corps n’est globalement qu’un gros tas de douleurs avec les multiples courbatures qui le traversent.

A part ça, je suis reparti dans l’écriture du Chevalier Errant sans Monture. Je pensais que le scénario était bouclé et que j’étais parvenu à une espèce de satisfaction globale dans laquelle je ne pouvais plus rien apporter. Or après avoir passé presque un mois sans y toucher, je l’ai relu et je me suis rendu compte de quelques défauts. C’est assez ironique d’avoir ce recul là maintenant. Comme si c’était la preuve qu’un scénario n’est jamais « parfait » qu’il est toujours constamment en mouvement. Qu’il est inhérent au moment. Enfin bref je suis reparti pour fignoler quelques éléments et c’est particulièrement difficile parce que c’est vraiment de petites touches à apporter, très légères et qu’il faut savoir les placer pour ne pas dégrader le travail déjà accompli. C’est comme un château de carte sur lequel il faut mettre les dernières cartes. Enfin maintenant puisqu’il est possible que dans quelques temps, le château m’apparaisse de nouveau comme incomplet.

 Bonus Anecdote : Hier au boulot j’ai rencontré Frank Vestiel, réalisateur d’Eden Log (film de SF avec Clovis Cornillac), on a discuté un petit moment, il m’a expliqué qu’il était parti aux Etats-Unis deux mois pour essayer de bosser avec les studios mais que finalement c’était pas son truc. Le mec était vraiment très sympa et la cerise sur le gâteau c’est qu’il m’a demandé mon avis sur Telepolis le magnifique film d’Esteban Sapir (dans mon top 3 de l’année dernière) et que je l’ai convaincu de le prendre (en plus l’édition MK2 est franchement magnifique). Mine de rien ça m’a vraiment fait plaisir. C’est comme l’autre jour où j’ai convaincu un homme de s’acheter un bipack Masumura contenant le définitif Blind Beast et Tatouage (un peu moins bon mais ça reste dans le haut du panier).

The X-File

Mardi 24 février 2009

Alors m’y voilà. Mon jours de congé est arrivé et je dois m’y remettre. Me replonger dans ce processus long du dossier à envoyer aux producteurs. Ecrire une lettre d’introduction qui explique ma démarche. Ne pas avoir de condescendance, éviter toute grandiloquence ridicule. S’exprimer avec des termes simples. Parvenir à ce qu’ils lisent la lettre en entier. Parvenir ensuite à ce qu’ils lisent le synopsis et la note d’intention pour avoir peut-être une chance de les attirer pour lire le scénario, ce qui est un peu la victoire finale. C’est vraiment tout un cheminement par étape, par échelon qui paraît infranchissable mais qu’il faut pourtant se borner à faire le mieux possible, en bon professionnel. Je ne suis justement pas certain d’être le plus à même de communiquer sur mon propre travail.

Je voulais envoyer les premiers dossiers demain mais je n’arrive pas à mettre mes deux derniers films sur un seul et même DVD. Le genre de blocage technique dont je n’ai vraiment pas besoin en ce moment.

J’ai regardé les courts-métrages sélectionnés aux Césars et le résultat m’a vraiment abattu. Je n’ai rien vu d’absolument horrible que j’ai viscéralement détesté, mais à l’opposé, je n’ai rien vu d’enthousiasmant, de nouveau, de frais. Petite revue de détail :

- Skhizein de Jérémy Clapin. Film d’animation plutôt sympa où un homme percuté par un météorite se voit contraint à vivre à 91 centimètres de lui-même (il faut voir le film pour comprendre). J’ai bien aimé le mélange des différentes techniques d’animation (de la 2D, de la 3D, du stop-motion, intégration de photos etc…) et le ton mélancolique du film. Mais en même temps je ne peux m’empêcher de le trouver un peu gadget. Mais peut-être le meilleur de la sélection. 4/6

- Les Miettes de Pierre Pinaud. Un film qui cherche à reproduire l’esthétique muette et qui raconte l’histoire d’une ouvrière dont l’usine où elle travaille s’enfuit (!). J’ai toujours trouvé affreusement stérile la volonté fétichiste de certains jeunes cinéastes de vouloir à tout prix reproduire l’esthétique d’une certaine époque du cinéma où ladite esthétique n’était que la conséquence des contingences techniques qui étaient disponibles aux auteurs. A quoi ça sert ? Si ce n’est pour nourrir cette esthétique là de quelque chose de personnel et de dérangeant, de retravailler à posteriori une histoire du cinéma, ça peut devenir intéressant (Maddin ou même le Eraserhead de Lynch). Mais là j’ai trouvé ça totalement con. Une espèce de poésie de bazar (on paie ses courses avec des miettes) couplée à une direction artistique d’une pauvreté totale. Je ne vois pas comment un tel film peut se retrouver aux Césars, donc être considéré comme ce qui s’est fait de mieux durant cette année. C’est très triste je trouve de promouvoir ce film qui ne fait que regarder derrière avec un sourire niais nostalgique alors qu’au contraire, le court-métrage c’est vraiment l’espace où l’on tente d’aller vers le haut. Bref une totale aberration pour moi. 1/6

- Les Paradis Perdus de Hélier Cisterne. Ca commence dans le quartier latin durant les émeutes de mai 68 puis on se retrouve dans une réunion de travestis en pleine campagne. Un film très surprenant dans son écriture qui emmène toujours à l’opposé du programme qui semble le guider. C’est plutôt agréable mais quand vient la fin on se dit que c’était quand même un peu stérile. Il manque un vrai propos, une vraie ligne directrice. Je ne sais pas si le film cherche à dire quelque chose (à la volonté puérile d’ouverture soixante huitarde s’oppose un esprit finalement très puritain et petit-bourgeois) ou s’il est simplement ludique. Excellents acteurs je dois dire, ce qui est assez rare. 3/6

- Une Leçon Particulière Jean-Pierre Chevènement. On dirait un exercice d’école. Une leçon de français à domicile. Tension sexuelle entre l’adolescent en rut et la jeune enseignante qui ne se rend compte de rien. Mouais. C’est vraiment, vraiment très léger. De tout les côtés d’ailleurs. Que ce soit la mise-en-scène, l’écriture, le jeu, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dents. Ca a dû être tourné en une journée, montée en deux et basta. Je sais que ce genre de considérations n’a pas à rentrer en ligne de compte dans l’appréciation du produit fini mais encore une fois quand on voit le nombre de courts-métrages réalisés en France chaque année, c’est un peu l’hallucination de voir ce film se retrouver aux Césars. Pour moi c’est un mystère total. 1/6

- Taxi Wala de Lola Frederich. Une femme ne parlant pas très bien français rentre dans un taxi mais est incapable de se souvenir où elle habite et refuse de sortir de l’habitacle de la voiture. Putain comme je déteste ce genre de film. Ça ne raconte absolument rien, c’est moche, c’est un film basé sur une idée. Il n’y a rien d’autre. Alors c’est quoi, une espèce de métaphore des immigrés perdus en France, que l’on essaie d’aider mais qui finisse par se perdre et si diluer dans la foule ? Je sais pas, je ne comprends absolument rien au propos du film. Le personnage est insupportable (est-ce une malade mentale ?). On sent que l’auteur cherche à développer quelque chose de touchant entre le chauffeur de taxi et sa cliente mais dès le début ça me semble biaisé et faux. Je n’y crois pas. Enfin bref, une fois de plus, je suis très surpris de retrouver ce film aux Césars tellement je le trouve vide et caricatural avec son sujet vaguement social que l’on ne va pas traiter frontalement pour éviter le didactisme. Bref coup de gueule contre ce film là : 0/6 (le pire c’est qu’il me semble tailler pour gagner).

Ce sont les 5 retenus mais sur le DVD édité par DVD Pocket il y avait les 12 présélectionnés. Alors déjà il y avait trois films au delà des 50 minutes (ça s’appelle des moyens-métrages les mecs) que j’ai boycotté et puis on a eu droit à ça :

- Tony Zoreil de de Valentin Potier. Le court-métrage le plus con que j’ai jamais vu je crois. Un enfant naît avec des oreilles démesurées parce que dans sa famille ils ont tous des oreilles démesurées. Quand il a 25 ans il est seul, renfermé sur lui-même à cause de son handicap et aimerait bien faire de la musique. Il rencontre alors une fille avec des grandes oreilles aussi et ils tombent amoureux. Mais le problème c’est que des Nazis s’introduisent chez lui et lui mettent de force des cadenas aux oreilles. La fille découvrant ça, se barre, trop choquée (me demandez pas pourquoi, je cherche encore)… Mais qu’est-ce que c’est con, c’est pas drôle, c’est pas touchant, c’est juste surréaliste de connerie et d’un romantisme de fond de caniveau avec ses péripéties totalement connes et ses dialogues complètement cons. Detestation totale du produit fini. Putain mais sérieux les mecs nettoyez vous la merde que vous avez dans les yeux avant de sélectionner des films comme ça. 0/6

- La Copie de Coralie de Nicolas Engel. J’avais vu ce film à Cannes et j’avais été traumatisé par la nullité du truc. Un film où tout les dialogues sont mi-chantés, mi-parlés par des acteurs neurasthéniques (pauvre Riaboukine). Le résultat est horriblement effrayant. L’impression de voir un défilé de zombies. En plus c’est pas réalisé (genre le mec il pose sa caméra là parce qu’il y a de la place), l’histoire est très bête et la petite idée poètique du film pas du tout exploitée. Une horreur absolue ce truc. Et c’est aux Césars. Tout va bien. 0/6

- 200 000 fantômes de Jean-Gabriel Périot. Film expérimental dont l’idée est de se faire succéder à l’image des milliers de photos de la mairie d’Hiroshima les unes à la suite des autres à un rythme très rapide. Et le concept c’est de garder au centre de l’image, le bâtiment toujours à la même place et ayant toujours la même taille, peu importe la dimension de la photographie originale. Il faut le voir pour bien comprendre mais le résultat est saisissant. On passe par plusieurs époques, la guerre et la destruction bien évidemment. J’aime comme on ne s’attarde sur aucune photo en particulier, la photo de vacances a le même statut que le photo de propagande. L’idée est vraiment bonne et le résultat passionnant même si sur dix minutes, il faut bien le dire,  on finit par s’emmerder. En salle en plus je pense que ça m’aurait donné la migraine voire la crise d’épilepsie. Dommage de pas l’avoir retenu dans les cinq derniers, je trouve que le contrepoint était vraiment intéréssant. 3/6

Il est donc assez étonnant de ne pas voir de film dépasser le 4/6 alors que l’on est censé être dans le haut du panier. Après j’ai toujours eu assez peu d’affinités avec les cérémonies et leurs sélections. Je m’y sens le plus souvent assez étranger. Mais bon je m’attendais quand même à plus d’audaces, plus de drôleries, plus de singularité. Mais sur tout ces films, il n’y en a vraiment aucun où après l’avoir vu, je dirais que j’attends avec impatience le prochain essai de son auteur. Vraiment aucun. D’ailleurs ça m’étonne pas de ne presque jamais voir un lauréat du césar du court-métrage percer finalement dans le long. Vu leurs choix, je trouve ça finalement assez logique. Enfin bref, bonne chance quand même à eux et j’espère que le film d’animation gagnera !

Back on track !

Dimanche 22 février 2009

Cette fois ça devrait être bon, j’ai récupéré mon PC. Au cas où il retombe en panne, vous retrouverez mon corps étendu sur les voies du métro ligne 9 métro République tranché en deux au niveau de la ceinture. J’aurais laissé un mot sur mon bureau où j’expliquerais en détail les détails de ma succession. J’aurais pris soin auparavant de me sectionner le pénis à l’aide d’un épluche-légume de supermarché et l’aurait emballé dans une triple couche de sopalin scellé par de la bande-adhésive large de couleur marron. Ledit pénis aura été envoyé par la poste à une adresse mystère parmi celles de mes amis. De l’autre côté, chacun de mes testicules aura été cuisiné en salade niçoise (oignons, carottes, poivrons, laitue, maïs) qui sera dans la partie congélation du réfrigérateur. Penser à la consommer ou la reconditionner sous trois jours pour lui assurer toute sa fraîcheur. En outre j’ajouterais dans un statut facebook une phrase énigmatique qui laissera ahuris tout les contacts qui viendraient à la lire et qui hantera inutilement les nuits agitées des personnes qui avaient pour moi une sincère inclination amicale (ou autre).

Trêve de conneries. Maintenant que je suis de nouveau opérationnel, il va pas falloir s’assoir sur ses lauriers. J’ai tout ces dossiers dont il faut absolument que je m’occupe. J’ai peut-être déjà une piste pour un acteur mais c’est beaucoup trop tôt pour en parler. De toute manière je ne l’ai même pas encore contacté. C’est juste que je pense avoir la possibilité de l’approcher ce qui est déjà pas mal. Reste à le convaincre.

Enfin bref, me voilà d’attaque pour me lancer dans cette double vie active. Je m’en sens capable et plein d’entrain alors pourquoi pas ?

J’ai commencé à regarder hier les courts-métrages nominés pour les Césars 2009 et je dois dire que je suis plutôt rassuré par le niveau loin d’être exceptionnel de ce que j’ai pu voir. J’y reviendrais certainement plus longuement dans les jours à venir.

J’espère être plus souvent présent ici aussi, non pas que je cherche à satisfaire les attentes de quiconque. Mais que je me rends compte que je prends beaucoup de plaisir à sortir un peu de moi-même pour matérialiser certaines pensées en mots.

Bonus anecdote : Aujourd’hui un client vient me voir et me demande si le DVD Réussir son Code 2009 est bien (question déjà totalement absurde). Je lui réponds avec une courtoisie décontractée : « Si vous avez prévu de passer votre code en 2009, il sera parfaitement adapté aux questions qui vous seront posé durant l’examen ». Et le client, penaud de me répondre innocemment : « Oui mais moi j’ai commencé le code en 2004″… A ce rythme là il aura le permis en  2015.

 

L’Alim’Akebil

Mercredi 18 février 2009

Coup de théâtre retentissant dans l’affaire de l’ordinateur et du changement de la fameuse carte (sa) mère (la pute). Je reçois lundi l’appel d’un technicien à la voix molle et au ton mal assurée, m’annonçant avec fierté la découverte de la panne initiale de la bête : l’alim. L’alimentation quoi. Ce qui donne de l’électricité à la machine. Il me dit qu’elle est trop petite pour assouvir les besoins d’une telle carte-mère et qui c’est ce qui à sans doute causé la perte de la deuxième carte-mère. La nouvelle réparation me coûterait donc 49 €. Je lui demande donc si le changement de la première carte-mère était vraiment nécessaire puisque elle n’était pas en cause dans la panne. Et là le technicien de sa voix traînante et molle comme un camembert oublié dans une glacière en plein soleil un 15 août sur une aire d’autoroute aux abords de Fréjus de me répondre : « euh je crois qu’il y avait un problème, enfin il me semble »… Razzie award de la pire réponse d’un professionnel à un client. Donc il me demande de repayer 49€ tout en ignorant fondamentalement si les 170€ déjà versé étaient vraiment utile. J’ai poussé ma gueulante dans mon bon droit et il me dit qu’il doit en parler à son collègue absent aujourd’hui et qu’il m’appellerait dès le lendemain matin pour me dire ce qu’ils peuvent faire pour m’arranger… Il est 13 heures et bien évidemment personne ne m’a appelé. Tout ça devient ridicule. Et mon épanchement ici bas dans ces détails sordides en est peut-être l’étendard le plus pathétique.

Sinon la semaine dernière j’ai pu assister à mon premier cours d’Art du Déplacement animé par un fondateur des Yamakasi. Le mec est très sympa et j’ai été surpris par le sérieux de l’entraînement. Contrairement à ce que je pouvais penser on n’a pas sauté partout comme des demeurés en faisant n’importe quoi. Mais on a passé une heure et demie à travailler des élements très précis dans le but d’un développement musculaire très ciblé. Beaucoup d’exercices simples, au sol, mais finalement très efficaces (les courbatures multiples et inédites – tiens j’ai mal dans la main) pour nous préparer à la suite. La dernière demi-heure a été consacré à un premier mouvement de l’Art du Déplacement, le demi tour. En mettant un main sur une marche et l’autre sur la marche supérieure d’un grand escalier, nous avons appris à passer le corps entre nos bras sans toucher le sol pour nous retourner. Enfin bref j’ai beaucoup aimé, c’est moins immédiatement jouissif que je ne l’aurais imaginé mais le travail de fond proposé est semble-t-il fondamental pour pouvoir s’amuser par la suite. Deuxième entraînement demain et je suis déjà à bloc ! Bien content d’avoir enfin trouvé « mon » sport. J’espère garder le même enthousiasme. Et j’espère aussi que les horaires de mon boulot ne vont pas venir tout gâcher…

Enfin je tiens à raconter une drôle d’anecdote assez étonnante. Je me promenais il y a quelques jours, une semaine peut-être, boulevard Saint-Michel et j’avais croisé un homme d’une soixantaine d’année ayant un espèce de cancer de la peau lui ayant ravagé le visage surtout le nez qui ne ressemblait plus vraiment à un nez mais plutôt à un morceau de chair rongé par les mites. Cette image m’avait profondément troublé et je crois même, à ma grande honte, m’être retourné subrepticement sur mon passage pour pouvoir mieux l’observer. Hier je me retrouve par hasard au cinéma (après la déconvenue qui s’abattit sur moi en découvrant que le film que je projetais de voir n’était pas de Jean Renoir mais de Jo Bénazéraff) devant un documentaire sorti la semaine dernière, Gerboise Bleue, narrant l’histoire méconnue des essais nucléaires français effectués en Algérie au début des années 60 et des conséquences que les retombées radioactives ont eues sur les militaires présents à ce moment là (dont certains ont été utilisé comme véritables cobayes) et les populations locales. Moralement admirable le documentaire est par contre assez abominable d’un point cinématographique, certains reportages télés étant, de loin, bien plus intéréssants. Mais là n’est pas la question. Durant la projection un des militaires ayant été exposé aux radiations apparaît pour raconter son histoire. Et il s’avère qu’il s’agit de l’homme que j’avais croisé ce jour là sur le boulevard. Je le reconnus immédiatement. Ma tristesse le concernant fut donc largement décuplée comme si je le connaissais et son histoire m’apparut directement plus proche, car j’avais d’abord découvert les ravages provoqués par la maladie avant d’en connaître la cause. Et cette cause est tellement honteuse et ignoble que ça m’a paru terriblement tragique. Enfin bref cela a donné à cette séance de cinéma quelque chose de particulier assez indéfinissable.

Voilà tout. Demain je devrais signer mon contrat. Mon vrai contrat. Le définitif. Je ne doute plus le concernant puisque le travail continue de me plaire. Mais j’ai également de plus en plus envie de me remettre au boulot et de préparer Le Chevalier errant sans monture. Je veux faire ce film. Faire quelque chose de beau et le faire avec toutes mes forces et ma passion.

Je suis de plus en plus hanté par ce tatouage que je projette de me faire. J’ai demandé à Gin qu’elle m’en dessine le schéma. Elle a beaucoup d’idées. Je le ferais très prochainement je pense, peu importe combien ça me coûtera. Je veux inscrire cette chose dans ma peau pour ne pas pouvoir l’oublier. Pour m’interdire de l’oublier.

Gin est à Cadix à l’heure actuelle. Sans moi. Inutile de dire combien je suis affreusement déçu de ne pas y être…

 

LOL

Mercredi 11 février 2009

Je suis mort de rire devant l’incroyable ironie qui m’accable puisque mon gentil ordinateur, à peine une demi journée après avoir été remis en service a catégoriquement refusé de démarrer. Je n’arrivais pas à le croire. Et donc je l’ai ramené à l’atelier pour qu’il y soit retesté et que la carte (sa) mère (la grosse pute) soit rechangée puisque, dixit l’informaticien, ils ont envoyé une carte-mère de mauvaise qualité… Le mec m’explique donc qu’ils m’ont installé du matériel de qualité tellement médiocre qu’il n’a pas été capable d’être operationnel plus de 6 heures. For fuck sake you’re amateur (référence subtile au pétage de plomb du Dark Knight si dessous)…

 Enfin bref, je ne suis ni desespéré, ni véritablement en colère mais juste accablé d’un rire jaune de dépit. Il y a des périodes comme  ça où la chance ne sourit pas vraiment. D’autant que comble du comble, tout cela arrive durant mes jours de congés hebdomadaires pour bien me la mettre profond.

En plus j’enchaîne les daubes au ciné (dont l’improbable Ricky) donc rien de bien palpitant. Heureusement je viens de trouver David Boring à la bibliothèque donc ça va je ne suis pas au fin fond du trou.

Gin me manque de plus en plus. Je me surprends à penser plusieurs fois par jours au moment où elle reviendra définitivement s’installer ici, à la vie radicalement différente lorsqu’elle est vécue avec elle (et non partagée). On se PACS en avril, pour des raisons administratives certes, mais  j’aime profondemment le sentiment de m’engager avec elle.

Enfin voilà. Moi à la bibliothèque qui prend sa dose de BD hebdomadaire. Ensuite quelques courses au Franprix du coin. Un déjeuner frugal d’étudiant. Et puis deux ou trois films au cinéma que l’on voit comme on verrait un coucher de soleil en passant sur le paseo maritimo de Cadix (comme l’Andalousie me manque), parce que c’est là et que ça attire l’oeil. L’espace d’un moment il n’existe plus que cette vision là, le corps et l’esprit se substituent à la découverte toute entière.

Le Retour du Roi

Mardi 10 février 2009

Back on the net again ! J’ai récupéré mon ordinateur dont la carte (sa) mère (la pute) a été changé et Le trône longtemps vide accueille de nouveau la bête et moi, je me suis rassis sur le même siège, regardé ce sempiternel écran, poser ma main sur cette souris au contact si froid et mes doigts sur ce clavier aux touches dont les lettres commencent déjà à disparaître (meilleure preuve que le « e » est la lettre la plus utilisée de la langue française).

Le Retour du Roi board

Voilà. Cette parenthèse un peu étrange se referme donc et je peux reprendre les activités qui ont si longtemps été les miennes. Je crois que ça veut également dire que cette période de « vacances » où tout mon temps libre consistait à lire et à aller au cinéma est révolue puisque je vais dès demain me remettre à mes différends projets dont mon dernier, dont le titre a été magnifiquement dessiné par Gin pour le dessin du dossier de prod : Le Chevalier Errant sans Monture. Et puis j’ai envie d’écrire, de poursuivre tout ces scénarios tristement inachevés.

Deux découvertes Internet majeures :

- Le pétage de plomp monumental de Christian Bale sur le plateau de Terminatior 4. Le Dark Knight explose complètement au milieu d’une prise parce que le chef opérateur passe dans son champ de vision pour retoucher ses lumières. Cette piste audio est mythique et même si je me sens mal pour le DP (Director of Photography et non pas Double Pénétration comme on pourrait le croire) je trouve Bale génial. Et cet événement prouve une nouvelle fois la viralité exponentielle d’Internet puisque à peine le jour suivant la divulgation de cet extrait audio, on a vu toute sorte de parodies, la création d’un tee-shirt et même carrément une chanson composée uniquement pour l’occasion. Les gens sont fous. En tout cas voilà le truc. It’s un-fucking-believable : 

Image de prévisualisation YouTube

- Et sinon j’ai trouvé ce lien absolument fascinant et magnifique d’une image satellite de la terre et du trafic aérien sur une période de 24 heures. Chaque petit point jaune représente un avion. C’est assez cosmique comme image et ça donne une certaine idée de l’évolution technologique et de l’émancipation technique qui a explosé en quelques décennies. Voir ce bourdonnement jaune sur l’Europe et les Etats-Unis donnent une certaine idée de la folie dans laquelle on dérive. Pendant ce temps là, la planète se réchauffe (ou se refroidit), des espèces meurent (apparment on est rentré depuis peu dans la sixième phase d’extinction des espèces) et la pollution ne fait qu’augmenter.  Le plus ironique c’est que la trajectoire elliptique des vols longs couriers incarnés dans ce point jaune fait immédiatement penser à un missile et que du coup on l’impression d’assister à la troisième guerre mondiale. Flippant.  Je me demande si le choix de la couleur a été innocent…

http://radar.zhaw.ch/resources/airtraffic.wmv

Métro, boulot, idéaux

Mardi 3 février 2009

En direct live from the bibliothèque of Marguerite Audoux voilà les dernières news de la vie monotone mais pleine de rêves et d’imagination de Grégory.

Toujours pas d’ordinateur car la societé en charge de me le réparer a mis plus d’une semaine à trouver la panne (qui s’avère être un changement de la carte mère donc rien de très technique) et que, dix jours plus tard, la pièce n’est toujours pas arrivé. J’apprends peu à peu à m’organiser sans ordinateur et je dois dire que la séparation a été plus facile que je ne l’imaginais. Je crois que ces dépendances que l’on se crée ne sont que le reflet factice d’un ennui existentielle profond nous poussant à reproduire inlassablement les mêmes gestes. Or il n’y a rien d’addictif là en ce que ces gestes peuvent être aisément remplacé par d’autres pour occuper similairement le temps offert à nous. Dans mon cas, il m’aura simplement fallu aller beaucoup plus au cinéma. Je n’ai pas eu à repenser mon temps libre sinon à en exagérer une des composantes première. J’ai donc vu beaucoup de films que je n’aurais pas vu dans d’autres conditions. J’avais parfois l’impression d’être dans un espèce de festival dans lequel j’opérais moi-même la sélection. Malheureusement aujourd’hui mardi, j’ai épuisé un peu toutes les possibilités et à moins de se forcer à voir certains films (j’ai déjà vu quelques « oeuvres » un peu honteuses par désoeuvrement…) il ne me reste que les reprises aux horaires contraignantes et à la qualité aléatoire. Entre Jean Renoir et Jo Bénazeraff on ne sait que choisir… Enfin bref, je trouve assez stimulante toute cette période car elle est quasiment uniquement constituée de ce mouvement binaire travail/cinéma. Assez paradoxalement alors que je commence à travailler à plein temps, j’ai l’impression trouble d’être en vacances.

Enorme découverte littéraire en la personne de Georges Pérec. Je n’ai pas encore lu grand chose (Les Choses, Un Homme qui Dort- que j’ai d’abord découvert dans le magnifique film de Georges Queysanne – et La Disparition) je suis subjugué par son écriture. Cela faisait longtemps qu’un auteur ne m’avait pas « parlé » comme ça. Son attachement aux objets, à la concretion même de la vie qui s’incarne dans notre environnement me paraît absolument fondamentale et sublime dans ce qu’elle permet de révéler de grands bouleversements spirituels et existentielles. Et puis l’humour et le génie littéraire de La Disparition est inestimable. Je vais poursuivre.

Demain découverte du nouveau film de David Fincher. Cela faisait longtemps que je n’avais pas attendu un film comme ça. Je pense que je vais être déçu mais au fond de moi j’espère être profondément bouleversé. En fait à chaque fois que je m’assois dans un fauteuil de cinéma j’espère être profondément bouleversé. Malheureusement c’est de plus en plus rare.

Hier au magasin un client passe derrière moi le téléphone à l’oreille en disant « il faut que je t’envoie le scénar ». Ca m’a fait un choc. Je l’ai envié. Lui qui semblait travailler dans le cinéma et moi, en train de ranger mes DVD, qui faisait tout pour y rentrer. Je l’ai regardé longtemps essayant de voir sur son physique ce qui pourrait justifier sa position et par la différenciation expliquer la mienne. Processus totalement abscon certes… Il était relativement moche ce qui m’a, somme toute, suffisament rassuré pour que je continue distraitement mon rangement alphabétique au son du dernier Antony & The Johnsons (dont, soit dit en passant, le clip totalement weirdo a été réalisé par les Wachowski) malheureusement enchaîné avec le dernier Britney Spears.