• Accueil
  • > Archives pour le Mardi 20 janvier 2009

Archive pour 20 janvier 2009

Les défaillances malheureuses de mon informatique ami

Mardi 20 janvier 2009

Il m’est arrivé quelque chose d’assez terrifiant. Mon ordinateur est tombé en panne. Alors bien sûr il y  a, tout d’abord, le désagrément lié à l’usage. L’ordinateur est mon outil de travail sans lui je ne peux pas faire grand chose de productif. Je n’ai pas pu terminer les dossiers de productions avant de partir en Angleterre comme je l’avais prévu. C’est aussi mon lien avec les autres, mon tissu social déjà bien mince passe principalement par le biais de l’Internet. Mais l’ordinateur, plus prosaïquement, est mon outil permanent de divertissement. Il occupe la totalité de mes journées. Je prends mes trois repas face à lui et il m’accompagne du matin jusqu’au soir. Alors quand soudain, dans cet appartement minuscule, il n’y a plus d’ordinateur, le vide est absolument immense. Je me suis retrouvé comme un idiot assis sur mon minuscule canapé à manger le regard dans le vide, désoeuvré. J’avais un stock assez important de bandes-dessinées emprunté à la bibliothèque mais que j’ai dévoré un peu trop prématurément sans aucun réflexe de prévention pour les jours de disette qui pourraient survenir. Je n’avais même pas de radio. Heureusement mon téléphone a des hauts-parleurs et peut servir de mini chaîne hi-fi ce qui m’a sauvé partiellement de l’horreur et l’apocalypse. Le soir quand la nuit arrivait et que se profilait devant moi, l’obscurité d’une soirée languide entre un roman inintéressant et l’écoute répété de quelques albums trop entendus je préférais sortir, m’éloigner le plus loin possible de ce désert culturel et moral. Je me réfugiais sans surprise dans quelque salle de cinéma interlope où était diffusé des films que la décence m’interdit de nommer ici. Le plus pathétique restant ce samedi soir à marquer d’une pierre blanche où au sortir d’une harassante journée de travail, je décidais d’aller me blottir dans un siège de cinéma espérant raccourcir ce triste épisode de mon existence. Mais j’oubliais un peu vite que sur les Champs-Elysées de Paris, il y a, le samedi soir, toute la répugnante populace venue parader et étaler ses ceintures D&G de contrebandes et ses sacs Chanels cousus par des enfants chinois payés 3 centimes de l’heure, embaumant l’air frais de Janvier d’un mélange de parfums de marque ignominieusement copiés par d’obscurs chimistes thaïlandais revendus une bouchée de pain sur les marchés européens et qui se retrouvent sur les étalages confus d’une FoirFouille de banlieue ou du côté de Barbès, bradés directement dans la rue par des roumains recherchés par la police pour quelque forfait de banditisme.  Cette immonde populace donc  (bien insister à la lecture sur le “ace” pour être le plus méprisant possible) a rendu cette soirée déjà bien triste, absolument cauchemardesque. Il y avait un monde extraordinaire dans les cinémas, certaines séances étaient complètes 15 minutes avant leur début. Je me retrouvais donc à courir l’avenue de haut en bas à la recherche d’une séance, n’importe laquelle, qui puisse rendre ma soirée moins horrible. Une heure et demie après la fin de ma journée de travail et quatre ou cinq tentatives d’acheter un ticket en ayant fait la queue 15-20 minutes presque à chaque fois, me voilà enfin assis dans le siège cosy d’une salle de cinéma pour voir Et Après, obscur film fantastique où Romain Duris joue en Anglais une histoire ridicule de gens qui prédisent la mort… Le plus ironique c’est que le film n’était pas aussi mauvais que je le prévoyais. Comme quoi…

Enfin voilà la dépendance ridicule que j’ai développé à mon ordinateur. Voilà comment il centralise la majorité de mes activités et que soudainement m’en retrouver privé me pousse à repenser complètement mon organisation concrète.  Je crois que c’est postif d’avoir comme ça des prises de conscience forcées. Cela sort d’une certaine torpeur qui s’insinue peu à peu et qui devient la norme.

Voilà mes enfants la belle morale de cette histoire.

Sinon l’ordinateur est toujours à l’hôpital et j’attends le diagnostic final du médecin. D’après ses dires, il pourrait être en stade terminal et décéder très prochainement. That fucking sucks !

Je suis arrivé en Angleterre hier et je compte bien profiter à fond de ma dernière semaine de liberté avec Giny avant de me mettre aux pieds les chaines du travail. Le problème c’est que j’ignore parfaitement la durée de ma sentence.