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J’ai référencé un peu plus de 100 boîtes de production sur Paris et sa périphérie. J’ai uniquement séléctionné les boîtes de productions actives et ayant déjà produit plus d’un court-métrage. J’ai rapidement fait le calcul mais cela veut dire qu’il va me falloir acheter 100 enveloppes, imprimer pas moins de 2000 feuilles, acheter certainement une (voire plus) nouvelle cartouche d’imprimante, graver 100 DVD et affranchir 100 lettres… Financièrement ça me coûter une couille mais ce déploiement d’energie me grise et me prouve que tout est ouvert. Que sur ces 100 personnes qui vont recevoir ce dossier avec ce scénario et ces courts-ùétrages. Il suffit qu’une seule trouve mon travail intéréssant pour que ça fonctionne. Quand je dis fonctionne je ne veux pas dire pour que le film se fasse et que ma carrière soit lancée mais plutôt pour qu’on entre dans un processus professionnel de demandes d’aide et de subventions. Et ce premier pas là est fondamental pour la suite. Si j’y parviens j’aurais gagné une bataille importante à mes yeux. Avoir su susciter l’intérêt d’un être humain dans mon travail.

Je me laisse quelques mois pour voir quelles seront les retombées (si retombées il y a) de cet envoi massif. Si rien ne se passe, je pense essayer de monter ma propre boîte de production pour pouvoir faire mon film. Je ne lâcherais rien. Je me prostituerais s’il le faut, je n’ai aucune fierté. Je ramperais par terre, je n’en aurais aucune honte. Mais je veux faire ce film et en faire d’autres. Je veux devenir réalisateur, c’est tout ce que j’exige de la vie.

Me voilà reparti dans la grandiloquence qui me caractérise bien et qui me rend parfois insupportable à moi-même. Mais peu importe, je suis vrai, je suis sincère. Je veux faire du cinéma parce que ça coule dans mes veines, ça pulse dans mes tempes, ça bout dans mon cerveau. Parce que je crois avoir du talent pour ça ou du moins ne pas en avoir moins que la moitié des jeunes cinéastes de ce pays. Parce que je n’ai jamais douté une seule seconde. Et je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours eu le sentiment que j’allais réussir. Que tôt ou tard je ferais un film ou des films. Mais peut-être qu’ironiquement cettre certitude infondée n’est que le sourire sarcastique du destin dans ma face et que je serais condamné à transmettre les films des autres commercialement dans l’amertume d’une carrière arrêtée à ses prémisses.

En tout cas les émotions sont plus que jamais présentes et cognent fort dans ma poitrine, ne demandant qu’à être liberées ! Alors par pitié si quelqu’un pouvait s’interesser à l’une de ces 100 lettres je lui en serais reconaissant, à vie.

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