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Sarkozy fucked up my life…

Pour une fois ce n’est pas la lamentation répétée et redondante de ma peur de l’insuccés qui me motive mais l’inquiétude quant à l’avenir de Gin qui, désireuse de devenir professeur d’espagnol en France, avait decidé de passer son Capes l’année prochaine. De se laisser un an pour le préparer à l’IUFM et d’ici un peu plus d’un an de pouvoir commencer à travailler (dans le cas où elle l’aurait eu du premier coup, ce dont je ne doute absolument pas). Or il y a quelques jours de cela elle découvre qu’une loi est en train de passer pour réformer totalement la manière de passer ce concours d’état. De bac + 3 aujourd’hui, il faudra dorénavant avoir un bac + 5 pour prétendre au concours. Et la pauvre ignore si ses diplômes espagnols peuvent prétendre à une équivalence bac+3 ou bac+5… S’il s’avère qu’elle n’a pas le niveau académique requis pour passer le concours, il lui faudra donc rentrer en Master 1 dans le but de faire le nouveau parcours de Master en deux ans débouchant sur le passage du concours. En plus de lui rajouter un an d’étude pas prévu du tout à la base, la difficulté est doublé puisque en plus de l’obtention du concours, il lui faut réussir son Master car les deux choses sont indépendantes l’une de l’autre. Il lui est possible de réussir l’un et de rater l’autre (une certaine aberration d’ailleurs car si on réussit le concours mais pas le Master que se passe-t-il ? On se retape un an d’étude alors qu’on est qualifié pour être prof ?)

 

Il est assez  choquant qu’une loi se mette en place aussi rapidement et qu’il n’y ait pas quelques années de transition. Par exemple tout les étudiants français ayant un bac +3 et tentant le concours cette année ont intérêt à le réussir sinon ils leur faudra suivre le même chemin et s’engager dans deux ans de Master… C’est un peu brutal comme changement. Car si Gin l’avait su auparavant elle aurait decidé de ne pas aller en Angleterre et aurait probablement tenté de passer le concours cette année. Tout ça est donc extrêmement déstabilisant pour elle. Car elle a cette sensation, qui est aussi la mienne, que tout était réglé parfaitement, que sa vie avait un chemin devant elle tout tracé et qui lui plaisait et que soudain tout est remis en cause sans raison et elle n’est plus sûr de rien. Je sais que tout finira par se mettre en place et que cette confusion d’aujourd’hui laissera place à la sérénité demain mais c’est assez rageant de devoir revoir les plans de sa vie à cause d’une loi stupide qui nous est imposé brutalement. Le problème provient également de notre situation financière. En effet, elle a prévu de venir s’installer avec moi à Paris l’année prochaine et si elle doit subir ces deux ans de Master, cela veut dire deux ans sans salaire, probablement sans bourse donc sans revenus de son côté (même pas une quelconque aide de ses parents…). Et vu ma situation précaire également nous n’allons pas pouvoir nous permettre beaucoup de distractions ou d’écarts. Je travaillerais à plein temps pendant un moment (de toute façon pour trouver un appart pour deux, je n’ai pas le choix) mais ensuite si je dois refaire un film et arrêter de travailler qu’allons nous faire ? Heureusement que j’ai un père généreux et désireux de nous aider tant que nous avons besoin. Mais son aide est sporadique. Je ne vais quand même pas lui demander de virer 1000 € sur mon compte tout le mois ?

 

Bref tout ceci est un peu décourageant. Quand tout ce que je veux c’est atteindre un certain confort avec mon amour. Me marier avec elle. Et avoir des enfants avec elle. Tout cela me paraît bien loin dorénavant. Mais au diable tout ça. Le jour où Gin arrivera à Paris, où je la serrerais dans mes bras et où je réaliserais que plus jamais elle ne repartira, qu’elle sera là chaque soir de ma vie à mes côtés et bien ce jour là tout ça n’aura plus aucun sens et on sera le plus heureux des couples. Tant que l’amour est là tout cela n’est qu’affèterie sans importance. Et tout finira par se mettre en place doucement et rentrera dans l’ordre.

 

Et dire que je viens de finir Les Choses de Georges Pérec, tribulations d’un jeune couple parisien tiraillé entre désir matériel d’indépendance et de fastes et contraintes d’une vie moderne régulé par des horaires de bureaux et des responsabilités sociales et financières…

 

Alors Gin, ne t’inquiète pas, cette sensation de perte que tu ressens n’est pas réel. Tu n’es pas perdu tant que je suis là, tout autour de toi, prêt à te soutenir si tu tombes, à te pousser pour aller de l’avant, à te donner toute ma force pour t’emmener où tu veux. Je me mets à ton service pour que ton bonheur soit le plus total et le plus rayonnant possible. C’est mon serment. Et je m’y tiendrais jusqu’au bout. Quoiqu’il arrive. Je t’aime.

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