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Archive pour 9 janvier 2009

Et la projection fut !

Vendredi 9 janvier 2009

 

Excellente projection hier soir alors que, pour des raisons que je ne m’explique pas, j’appréhendais pas mal. J’avais réussi à motiver 5 personnes qui ont bravé le froid glacial parisien pour venir voir mon film (la classe). La sélection des courts-métrages  étaient pour le moins inégale avec des courts allant de l’amateurisme le plus total (un film horrible sur Fight Club probablement torché en une après-midi) au film un peu plus « crédible » (le mien donc, non, non je ne me la pète pas) en passant par le court blague dont un très drôle où la réplique finale « est-ce que je peux enculer ton chien pendant qu’il chie ?» a fait partir la salle d’un rire chaleureux, universel et familial.

 

Je trouve la démarche vraiment intéressante, donnant à chacun un espace de liberté et de projection mais quand ton film est projeté l’avant-dernier et que tu es un peu affligé devant les autres films, tu as un peu peur que les gens s’emmerdent et finissent pas se barrer ou commence à se désintéresser de ce qui se passe sur l’écran. Mais finalement non, ils ont tous été très sage durant la projo. A part un portable qui a sonné et qui d’ailleurs, anecdote amusante mais énervante, a sonné à un moment clef du film (un baiser) et dont la musique de bonne qualité, instrumentale et mélodique a certainement fait croire (un de mes invités me l’a confirmé) que cette musique faisait partie du film ! Ca a rajouté un côté mielleux à la scène qui n’en avait absolument pas besoin. Mais cette espèce de simultanéité de l’événement, comme une improvisation soudaine dans le film m’a beaucoup déstabilisé (j’ai moi-même douté pendant un moment si la musique n’avait pas été rajouté par quelqu’un tellement ça semblait s’intégrer parfaitement au film)… Flippant.

 

Mis à part ce couac technique déplorable j’ai eu la satisfaction d’avoir une majorité d’avis positif de personnes visiblement surpris par le film. Et c’est le plus important. J’ai toujours un peu peur des réactions car quoique j’en dise elles influent énormément sur ma confiance en moi (alors que j’avais l’impression il y a quelques mois d’être totalement insensible face à la critique). Et je dois dire que hier soir mon égo de cinéaste en devenir a été gentiment flatté et que ça m’a donné une pêche d’enfer et boosté comme jamais. Bien sûr il y a eu des réserves mais de voir chez les gens le sentiment qu’ils ont vu un film intéressant, complexe et suffisamment riche pour qu’ils aient des choses à en dire m’a rempli de contentement. Quelqu’un m’a dit que ce film me rendait « crédible » un des meilleurs compliments qu’on puisse me faire. Car même si comme je l’ai toujours dit, je ne considère pas mes films comme des exercices de style, des démos techniques pour montrer de quoi je suis capable dans le but de convaincre des producteurs mais bel et bien de vrais films que je travaille avec le même sérieux et le même engagement que je travaillerais les longs-métrages que je ferais si un jour j’ai la chance d’en faire,  être « crédible », être considéré comme un réalisateur avec un certain talent à développer ne peut qu’être encourageant et positif.

 

 

 

Voilà, je suis rentré rassuré et plein de désirs et de rages pour la suite. Comme si tout ça m’avait mis un coup de pied au cul pour me pousser à bouger à donner tout ce que j’ai pour le prochain. J’y crois, c’est une belle histoire, ce sera un beau film. Et ce personnage mérite d’exister. Donc on va tout faire pour lui. Pour donner à ce sans-abri, un foyer, une maison, un film où il pourra vivre.