• Accueil
  • > Archives pour janvier 2009

Archive pour janvier 2009

Computerless Interface

Jeudi 29 janvier 2009

Bon, de retour d’une semaine merveilleuse avec mon amour je reviens dans un Paris très inhospitalier puisque m’y attend un anniversaire funèbre lors duquel je dépasserais l’age fatidique des 25 ans pour pénétrer pour de bon dans la catégorie 26-60 ans de la vie active, anniversaire ironiquement couplé au commencement d’un emploi à plein temps  à durée indeterminée et enfin de retour dans un appartement toujours sans ordinateur, puisque la carte mère ayant grillé il faudra au bas mot une semaine de réparation.

Les premiers jours ont été difficiles voire cauchemardesques, voir notamment le retour violent d’une beuverie qui m’a laissé totalement sur le carreau physiquement (je ne suis plus tout jeune)… Mais peu à peu je m’accomode de cette vie simple faite de travail, de cinéma et de flâneries inconscientes. J’aimerais avoir la simplicité parfois de vivre ainsi indéfiniment sans ambition particulière. Mais le démon du cinéma me hante de plus en plus et hurle son chemin de mes entrailles jusqu’à ma bouche. Je ne lâche donc pas l’affaire loin de là.

Je ferais un autre film. D’autres films. J’en ai la certitude.

Les défaillances malheureuses de mon informatique ami

Mardi 20 janvier 2009

Il m’est arrivé quelque chose d’assez terrifiant. Mon ordinateur est tombé en panne. Alors bien sûr il y  a, tout d’abord, le désagrément lié à l’usage. L’ordinateur est mon outil de travail sans lui je ne peux pas faire grand chose de productif. Je n’ai pas pu terminer les dossiers de productions avant de partir en Angleterre comme je l’avais prévu. C’est aussi mon lien avec les autres, mon tissu social déjà bien mince passe principalement par le biais de l’Internet. Mais l’ordinateur, plus prosaïquement, est mon outil permanent de divertissement. Il occupe la totalité de mes journées. Je prends mes trois repas face à lui et il m’accompagne du matin jusqu’au soir. Alors quand soudain, dans cet appartement minuscule, il n’y a plus d’ordinateur, le vide est absolument immense. Je me suis retrouvé comme un idiot assis sur mon minuscule canapé à manger le regard dans le vide, désoeuvré. J’avais un stock assez important de bandes-dessinées emprunté à la bibliothèque mais que j’ai dévoré un peu trop prématurément sans aucun réflexe de prévention pour les jours de disette qui pourraient survenir. Je n’avais même pas de radio. Heureusement mon téléphone a des hauts-parleurs et peut servir de mini chaîne hi-fi ce qui m’a sauvé partiellement de l’horreur et l’apocalypse. Le soir quand la nuit arrivait et que se profilait devant moi, l’obscurité d’une soirée languide entre un roman inintéressant et l’écoute répété de quelques albums trop entendus je préférais sortir, m’éloigner le plus loin possible de ce désert culturel et moral. Je me réfugiais sans surprise dans quelque salle de cinéma interlope où était diffusé des films que la décence m’interdit de nommer ici. Le plus pathétique restant ce samedi soir à marquer d’une pierre blanche où au sortir d’une harassante journée de travail, je décidais d’aller me blottir dans un siège de cinéma espérant raccourcir ce triste épisode de mon existence. Mais j’oubliais un peu vite que sur les Champs-Elysées de Paris, il y a, le samedi soir, toute la répugnante populace venue parader et étaler ses ceintures D&G de contrebandes et ses sacs Chanels cousus par des enfants chinois payés 3 centimes de l’heure, embaumant l’air frais de Janvier d’un mélange de parfums de marque ignominieusement copiés par d’obscurs chimistes thaïlandais revendus une bouchée de pain sur les marchés européens et qui se retrouvent sur les étalages confus d’une FoirFouille de banlieue ou du côté de Barbès, bradés directement dans la rue par des roumains recherchés par la police pour quelque forfait de banditisme.  Cette immonde populace donc  (bien insister à la lecture sur le “ace” pour être le plus méprisant possible) a rendu cette soirée déjà bien triste, absolument cauchemardesque. Il y avait un monde extraordinaire dans les cinémas, certaines séances étaient complètes 15 minutes avant leur début. Je me retrouvais donc à courir l’avenue de haut en bas à la recherche d’une séance, n’importe laquelle, qui puisse rendre ma soirée moins horrible. Une heure et demie après la fin de ma journée de travail et quatre ou cinq tentatives d’acheter un ticket en ayant fait la queue 15-20 minutes presque à chaque fois, me voilà enfin assis dans le siège cosy d’une salle de cinéma pour voir Et Après, obscur film fantastique où Romain Duris joue en Anglais une histoire ridicule de gens qui prédisent la mort… Le plus ironique c’est que le film n’était pas aussi mauvais que je le prévoyais. Comme quoi…

Enfin voilà la dépendance ridicule que j’ai développé à mon ordinateur. Voilà comment il centralise la majorité de mes activités et que soudainement m’en retrouver privé me pousse à repenser complètement mon organisation concrète.  Je crois que c’est postif d’avoir comme ça des prises de conscience forcées. Cela sort d’une certaine torpeur qui s’insinue peu à peu et qui devient la norme.

Voilà mes enfants la belle morale de cette histoire.

Sinon l’ordinateur est toujours à l’hôpital et j’attends le diagnostic final du médecin. D’après ses dires, il pourrait être en stade terminal et décéder très prochainement. That fucking sucks !

Je suis arrivé en Angleterre hier et je compte bien profiter à fond de ma dernière semaine de liberté avec Giny avant de me mettre aux pieds les chaines du travail. Le problème c’est que j’ignore parfaitement la durée de ma sentence.

100

Mercredi 14 janvier 2009

J’ai référencé un peu plus de 100 boîtes de production sur Paris et sa périphérie. J’ai uniquement séléctionné les boîtes de productions actives et ayant déjà produit plus d’un court-métrage. J’ai rapidement fait le calcul mais cela veut dire qu’il va me falloir acheter 100 enveloppes, imprimer pas moins de 2000 feuilles, acheter certainement une (voire plus) nouvelle cartouche d’imprimante, graver 100 DVD et affranchir 100 lettres… Financièrement ça me coûter une couille mais ce déploiement d’energie me grise et me prouve que tout est ouvert. Que sur ces 100 personnes qui vont recevoir ce dossier avec ce scénario et ces courts-ùétrages. Il suffit qu’une seule trouve mon travail intéréssant pour que ça fonctionne. Quand je dis fonctionne je ne veux pas dire pour que le film se fasse et que ma carrière soit lancée mais plutôt pour qu’on entre dans un processus professionnel de demandes d’aide et de subventions. Et ce premier pas là est fondamental pour la suite. Si j’y parviens j’aurais gagné une bataille importante à mes yeux. Avoir su susciter l’intérêt d’un être humain dans mon travail.

Je me laisse quelques mois pour voir quelles seront les retombées (si retombées il y a) de cet envoi massif. Si rien ne se passe, je pense essayer de monter ma propre boîte de production pour pouvoir faire mon film. Je ne lâcherais rien. Je me prostituerais s’il le faut, je n’ai aucune fierté. Je ramperais par terre, je n’en aurais aucune honte. Mais je veux faire ce film et en faire d’autres. Je veux devenir réalisateur, c’est tout ce que j’exige de la vie.

Me voilà reparti dans la grandiloquence qui me caractérise bien et qui me rend parfois insupportable à moi-même. Mais peu importe, je suis vrai, je suis sincère. Je veux faire du cinéma parce que ça coule dans mes veines, ça pulse dans mes tempes, ça bout dans mon cerveau. Parce que je crois avoir du talent pour ça ou du moins ne pas en avoir moins que la moitié des jeunes cinéastes de ce pays. Parce que je n’ai jamais douté une seule seconde. Et je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours eu le sentiment que j’allais réussir. Que tôt ou tard je ferais un film ou des films. Mais peut-être qu’ironiquement cettre certitude infondée n’est que le sourire sarcastique du destin dans ma face et que je serais condamné à transmettre les films des autres commercialement dans l’amertume d’une carrière arrêtée à ses prémisses.

En tout cas les émotions sont plus que jamais présentes et cognent fort dans ma poitrine, ne demandant qu’à être liberées ! Alors par pitié si quelqu’un pouvait s’interesser à l’une de ces 100 lettres je lui en serais reconaissant, à vie.

La vie décide pour moi

Mardi 13 janvier 2009

Tout est allé très vite. Trop vite peut-être. On vient de m’appeler. Je vais commencer le travail à plein temps. Mais moi qui pensais qu’ils me laisseraient finir mon contrat pour enchaîner directement après, ils me demandent de commencer tout de suite. Dès la semaine prochaine. Cela remet mon voyage en Angleterre à l’eau. Plus de voyage. Et je sais qu’il n’y en aura plus pendant quelques temps. Je parviens à repousser la date d’une semaine et décide de partir la semaine prochaine sans réfléchir à l’argent perdu, au temps qui s’en va, à moi qui vais bientôt passer 40 heures par semaine dans ce magasin. Aux films que je veux faire et qui s’éloignent un peu plus.

 

C’est un étrange mélange de contentement et de profonde tristesse qui s’empare de moi. Je vais travailler dans un endroit que j’aime bien, dans un boulot qui me plaît beaucoup mais je vais travailler en tant que « vendeur ». Mon autre activité se voit relayée au rang de hobbie. De passe-temps pour occuper mes RTT et mon temps libre. J’ai un noeud de terreur qui sert mon estomac. Parce que j’ai toujours gardé une liberté, une indépendance totle par rapport aux jobs que j’ai pu avoir mais là, signer un CDI, c’est comme l’engagement ultime dans une relation où j’ai plus de devoirs que de droits. Comme un mariage blanc forcé qui me donne droit à rester sur le territoire (et à bien y réflechir la comparaison n’est pas idiote puisque le boulot c’est un peu la condition sine qua none de ma réussite sociale, ici, à Paris).

Pas de festival de Cannes cette année malheureusement. Je me surprends à penser à ça comme si c’était la pire chose qui puisse m’arriver. Une fois de plus j’ai la sensation que le cinéphile est plus impérieux que le cinéaste.Mais en même temps et paradoxalement j’ai ce sentiment que le travail va me rendre plus actif. Que ce temps qui va me manquer, va être beaucoup plus précieux et que je saurais en faire un usage précieux, dirigé et utile. Je ne sais pas si c’est un moyen de me rassurer mais en tout cas c’est un moyen de continuer à avancer sans baisser les bras mais au contraire en tentant de les lever le plus haut possible au dessus de ma tête dans l’espoir qu’au dessus de la foule quelqu’un aperçoive mes doigts gourds et maladroits et l’artisanat qu’ils contiennent dans la confection d’oeuvres cinématographiques.

De toute façon j’ai la certitude qu’avoir conscience de ce qu’implique un travail à plein temps à durée indeterminée (la partie du contrat qui m’effraie le plus) m’évitera de tomber dans ses pièges et dans un attentisme béat, ne pouvant mener qu’à l’abandon de ma vie d’artiste, qu’à l’abandon de moi-même.

L’avenir parlera et, une fois de plus, décidera pour moi.

Sarkozy fucked up my life…

Samedi 10 janvier 2009

Pour une fois ce n’est pas la lamentation répétée et redondante de ma peur de l’insuccés qui me motive mais l’inquiétude quant à l’avenir de Gin qui, désireuse de devenir professeur d’espagnol en France, avait decidé de passer son Capes l’année prochaine. De se laisser un an pour le préparer à l’IUFM et d’ici un peu plus d’un an de pouvoir commencer à travailler (dans le cas où elle l’aurait eu du premier coup, ce dont je ne doute absolument pas). Or il y a quelques jours de cela elle découvre qu’une loi est en train de passer pour réformer totalement la manière de passer ce concours d’état. De bac + 3 aujourd’hui, il faudra dorénavant avoir un bac + 5 pour prétendre au concours. Et la pauvre ignore si ses diplômes espagnols peuvent prétendre à une équivalence bac+3 ou bac+5… S’il s’avère qu’elle n’a pas le niveau académique requis pour passer le concours, il lui faudra donc rentrer en Master 1 dans le but de faire le nouveau parcours de Master en deux ans débouchant sur le passage du concours. En plus de lui rajouter un an d’étude pas prévu du tout à la base, la difficulté est doublé puisque en plus de l’obtention du concours, il lui faut réussir son Master car les deux choses sont indépendantes l’une de l’autre. Il lui est possible de réussir l’un et de rater l’autre (une certaine aberration d’ailleurs car si on réussit le concours mais pas le Master que se passe-t-il ? On se retape un an d’étude alors qu’on est qualifié pour être prof ?)

 

Il est assez  choquant qu’une loi se mette en place aussi rapidement et qu’il n’y ait pas quelques années de transition. Par exemple tout les étudiants français ayant un bac +3 et tentant le concours cette année ont intérêt à le réussir sinon ils leur faudra suivre le même chemin et s’engager dans deux ans de Master… C’est un peu brutal comme changement. Car si Gin l’avait su auparavant elle aurait decidé de ne pas aller en Angleterre et aurait probablement tenté de passer le concours cette année. Tout ça est donc extrêmement déstabilisant pour elle. Car elle a cette sensation, qui est aussi la mienne, que tout était réglé parfaitement, que sa vie avait un chemin devant elle tout tracé et qui lui plaisait et que soudain tout est remis en cause sans raison et elle n’est plus sûr de rien. Je sais que tout finira par se mettre en place et que cette confusion d’aujourd’hui laissera place à la sérénité demain mais c’est assez rageant de devoir revoir les plans de sa vie à cause d’une loi stupide qui nous est imposé brutalement. Le problème provient également de notre situation financière. En effet, elle a prévu de venir s’installer avec moi à Paris l’année prochaine et si elle doit subir ces deux ans de Master, cela veut dire deux ans sans salaire, probablement sans bourse donc sans revenus de son côté (même pas une quelconque aide de ses parents…). Et vu ma situation précaire également nous n’allons pas pouvoir nous permettre beaucoup de distractions ou d’écarts. Je travaillerais à plein temps pendant un moment (de toute façon pour trouver un appart pour deux, je n’ai pas le choix) mais ensuite si je dois refaire un film et arrêter de travailler qu’allons nous faire ? Heureusement que j’ai un père généreux et désireux de nous aider tant que nous avons besoin. Mais son aide est sporadique. Je ne vais quand même pas lui demander de virer 1000 € sur mon compte tout le mois ?

 

Bref tout ceci est un peu décourageant. Quand tout ce que je veux c’est atteindre un certain confort avec mon amour. Me marier avec elle. Et avoir des enfants avec elle. Tout cela me paraît bien loin dorénavant. Mais au diable tout ça. Le jour où Gin arrivera à Paris, où je la serrerais dans mes bras et où je réaliserais que plus jamais elle ne repartira, qu’elle sera là chaque soir de ma vie à mes côtés et bien ce jour là tout ça n’aura plus aucun sens et on sera le plus heureux des couples. Tant que l’amour est là tout cela n’est qu’affèterie sans importance. Et tout finira par se mettre en place doucement et rentrera dans l’ordre.

 

Et dire que je viens de finir Les Choses de Georges Pérec, tribulations d’un jeune couple parisien tiraillé entre désir matériel d’indépendance et de fastes et contraintes d’une vie moderne régulé par des horaires de bureaux et des responsabilités sociales et financières…

 

Alors Gin, ne t’inquiète pas, cette sensation de perte que tu ressens n’est pas réel. Tu n’es pas perdu tant que je suis là, tout autour de toi, prêt à te soutenir si tu tombes, à te pousser pour aller de l’avant, à te donner toute ma force pour t’emmener où tu veux. Je me mets à ton service pour que ton bonheur soit le plus total et le plus rayonnant possible. C’est mon serment. Et je m’y tiendrais jusqu’au bout. Quoiqu’il arrive. Je t’aime.

Et la projection fut !

Vendredi 9 janvier 2009

 

Excellente projection hier soir alors que, pour des raisons que je ne m’explique pas, j’appréhendais pas mal. J’avais réussi à motiver 5 personnes qui ont bravé le froid glacial parisien pour venir voir mon film (la classe). La sélection des courts-métrages  étaient pour le moins inégale avec des courts allant de l’amateurisme le plus total (un film horrible sur Fight Club probablement torché en une après-midi) au film un peu plus « crédible » (le mien donc, non, non je ne me la pète pas) en passant par le court blague dont un très drôle où la réplique finale « est-ce que je peux enculer ton chien pendant qu’il chie ?» a fait partir la salle d’un rire chaleureux, universel et familial.

 

Je trouve la démarche vraiment intéressante, donnant à chacun un espace de liberté et de projection mais quand ton film est projeté l’avant-dernier et que tu es un peu affligé devant les autres films, tu as un peu peur que les gens s’emmerdent et finissent pas se barrer ou commence à se désintéresser de ce qui se passe sur l’écran. Mais finalement non, ils ont tous été très sage durant la projo. A part un portable qui a sonné et qui d’ailleurs, anecdote amusante mais énervante, a sonné à un moment clef du film (un baiser) et dont la musique de bonne qualité, instrumentale et mélodique a certainement fait croire (un de mes invités me l’a confirmé) que cette musique faisait partie du film ! Ca a rajouté un côté mielleux à la scène qui n’en avait absolument pas besoin. Mais cette espèce de simultanéité de l’événement, comme une improvisation soudaine dans le film m’a beaucoup déstabilisé (j’ai moi-même douté pendant un moment si la musique n’avait pas été rajouté par quelqu’un tellement ça semblait s’intégrer parfaitement au film)… Flippant.

 

Mis à part ce couac technique déplorable j’ai eu la satisfaction d’avoir une majorité d’avis positif de personnes visiblement surpris par le film. Et c’est le plus important. J’ai toujours un peu peur des réactions car quoique j’en dise elles influent énormément sur ma confiance en moi (alors que j’avais l’impression il y a quelques mois d’être totalement insensible face à la critique). Et je dois dire que hier soir mon égo de cinéaste en devenir a été gentiment flatté et que ça m’a donné une pêche d’enfer et boosté comme jamais. Bien sûr il y a eu des réserves mais de voir chez les gens le sentiment qu’ils ont vu un film intéressant, complexe et suffisamment riche pour qu’ils aient des choses à en dire m’a rempli de contentement. Quelqu’un m’a dit que ce film me rendait « crédible » un des meilleurs compliments qu’on puisse me faire. Car même si comme je l’ai toujours dit, je ne considère pas mes films comme des exercices de style, des démos techniques pour montrer de quoi je suis capable dans le but de convaincre des producteurs mais bel et bien de vrais films que je travaille avec le même sérieux et le même engagement que je travaillerais les longs-métrages que je ferais si un jour j’ai la chance d’en faire,  être « crédible », être considéré comme un réalisateur avec un certain talent à développer ne peut qu’être encourageant et positif.

 

 

 

Voilà, je suis rentré rassuré et plein de désirs et de rages pour la suite. Comme si tout ça m’avait mis un coup de pied au cul pour me pousser à bouger à donner tout ce que j’ai pour le prochain. J’y crois, c’est une belle histoire, ce sera un beau film. Et ce personnage mérite d’exister. Donc on va tout faire pour lui. Pour donner à ce sans-abri, un foyer, une maison, un film où il pourra vivre.

Long time no see…

Mardi 6 janvier 2009

Après une absence considérable durant laquelle j’ai vécu deux semaines magiques avec Giny me voilà de retour pour cette nouvelle année pleine de promesses et de nouveautés. Gin repartie, je suis de nouveau seul et assis sur cette même chaise face à ce même écran en train d’essayer de mettre du sens dans ce que je veux être ma vie. Quand elle est avec moi toutes ces questions ne se posent même pas. Elles disparaissent d’elles-mêmes parce que la vie avec elle se contente de faire sens dans une simplicité désarmante. Comme si la bouche de l’égout s’était ouvert et que toutes ces odeurs déléteres pouvaient soudainement s’échapper et se dissoudre dans l’atmosphère ambiant. Mais, retombé dans ma solitude, la plaque d’égoût retombe avec fracas et un nuage vert issus des moisissures de mes pensées s’émane lentement formant un plafond de cumulo-nimbus nauséabond au sommet de mon crâne.

Cela fait également suite à une première réponse négative concernant mon nouveau scénario. Je l’ai envoyé au seul producteur que je connaisse personnellement et celui-ci a eu la mauvaise idée de ne pas aimer. Je ne peux lui en vouloir, après tout c’est la règle du jeu mais, en plus d’être un peu blessé par sa « critique » sommaire, il a enlevé à ce projet naissant la candeur et la pureté que je lui voyais depuis son origine. Alors comme ça, ça peut ne pas plaire, chose qui ne m’avait même pas traversé l’esprit tellement sûr que j’étais de la beauté de la chose. Si moi j’y vois une beauté de tout les instants pourquoi d’autres ne la verraient pas ? C’est un peu le regard biaisé d’un auteur qui a trop confiance en son propre talent pour pouvoir se remettre en cause. Et c’est le problème de cette autarcie qui est la mienne. J’ai toujours créé seul, écrit seul, réalisé seul, conçu tout, tout seul. Je n’ai donc aucun véritable recul sur mon travail si ce n’est les critiques négatives qui donnent à réfléchir mais qui interviennent toujours le produit fini et dont la fierté que j’en ai m’interdit d’en remettre en cause les fondements ou la construction bien que j’accepte volontiers la critique de certains détails. Mais je pense qu’il me serait bénéfique de travailler dans la conception même d’un film entouré d’opinions et de contre-avis. Non pas que tous sont bons à prendre mais nous sommes des êtres humains et chaque voix a autant de valeur que la mienne. Ce que j’aime par dessus tout dans le cinéma c’est qu’un groupe de gens décide de raconter une histoire et que cette histoire appartient, dès lors qu’on la grave en images et en sons (peu importe le support), à un film. Les auteurs la déposent dans un film comme un enfant dans un berceau. Et cette création humaine, si elle a besoin d’un chef, est inhérente à l’activité de chacun des maillons de la constitution d’un film. Mais pour cela il faut que chacun qui y travaille ait une fois totale dans cette histoire ou ce personnage ou cette proposition plastique. Il faut que tous en soit le garant absolu et indéféctible. Tout cela semble un peu cliché à vrai dire mais ce sont dernièrement des pensées sincères et motivantes qui me traversent l’esprit. Et en l’occurence actuellement trouver un producteur qui soit interessé par mon projet et qui me demande d’en discuter avec lui, d’en développer la mythologie, qui la comprenne et s’embarque avec moi pour rendre ce film le meilleur possibe est quelque chose qui me ferait du bien. Je commence à lister toutes les boîtes de production de court-métrage parisienne et je vais envoyer tout ça en masse en espérant qu’au milieu de la mer, la bouteille rencontre un voyageur.

J’ai beaucoup de projets d’écriture également pour cette année, notamment terminer mon scénario de polar et mon survival fantasy totalement improbable. Et puis il y a le projet conjoint que je développe avec Gin. Je pense qu’il nous faudra vivre de nouveau ensemble pour pouvoir nous y atteler sérieusement. Je n’en fais pas une priorité mais j’y pense très souvent.

Bon la fin d’année c’est toujours pour moi le temps des bilans cinéma et autres classements. Cette année a été plutôt bonne sans être non plus extraordinaire. Deux grosses déceptions m’auront pas mal déprimé, Indiana Jones 4 et tout récemment Australia. Le premier était une mauvaise idée et le résultat s’en ressens méchamment. Le scénario fait pitié et Indiana Jones n’est plus que l’ombre de lui-même (il suffit de voir pour cela sa premiere apparition dans le film…comme une ombre). Je n’ai pas vibré et pas retrouvé ce qui fait du Temple Maudit un chef-d’oeuvre du film d’aventure. Tant pis. Quant à Australia c’est bien pire. J’ai quasiment detesté de bout en bout. Ca ressemble à rien et c’est d’une bêtise confondante. Le réalisateur du film qui a changé ma vie (Romeo + Juliette) est bien loin et ça fait mal au coeur.

Je vous livre chers lecteurs mon top de l’année 2008 que vous attendez tous comme des fous:

1 – Le Silence de Lorna des frères Dardenne
2 – A Swedish Love Story de Roy Andersson
3 – Telepolis d’Esteban Sapir
4 – Valse avec Bashir d’Ari Folman
5 – La Danse de l’Enchanteresse d’Adoor Gopalakrishnan et Brigitte Chataignier
6 – L’Homme de Londres de Belà Tarr
7 – Speed Racer des frères Wachowski
8 – La Frontière de l’Aube de Philippe Garrel
9 – L’apprenti de Samuel Collardey
10 – [REC] de Jaume Balaguero et Paco Plaza
11 – No Country for Old Men des frères Coen
12 – There Will be Blood de Paul Thomas Anderson
13 – Blindness de Fernando Meirelles
14 – La Vie Moderne de Raymond Depardon
15 – Entre les Murs de Laurent Cantet

Et tout de suite je vous livre la liste de tout les films visionnés en 2008 (c’est un peu long alors c’est réservé à ceux que ça intéresse)!

 

(suite…)