Handicapé du clavier

Je sors d’un week-end je dois le reconnaître bien morose dont le point d’orgue aura été ce renversage dantesque d’un verre de boisson citronnée Leader Price sur mon beau clavier ergonomique Microsoft samedi soir à 1h du matin. Suite à un nettoyage sommaire, le clavier s’est averé totalement foutu, la moitié des touches ne répondant pas. Ce fut là une terrible tragédie. Premièrement car j’adore ce clavier, qu’il est ultra agréable à utiliser et que mes doigts étaient littéralement faits pour ses touches et deuxièmement parce que sans clavier on ne peut plus utiliser un ordinateur correctement. Impossible de taper une adresse, une recherche google, impossible de travailler (au moins j’ai une bonne excuse)… Donc hier matin, lundi, je me rends à la Fnac acheter un nouveau speciment forcément basique et incapable d’égaler l’érgonomie et la puissance de mon feu Microsoft. Je trouve mon « bonheur » pour 15 € et rentre chez moi content de mon achat et soulagé de pouvoir de nouveau être autonome (cette dépendance à l’informatique m’a d’ailleurs quelque peu effrayée). Et là je déballe le paquet et crac ! le clavier est cassé. Très agréable découverte qui me poussera à retourner au magasin poireauter trois quarts d’heure à leur SAV encombré pour qu’on me change (avec un petit rechignement) mon clavier. En pleine période de Noël c’est toujours agréable d’aller s’engouffrer dans un centre commercial hyper bondé… Enfin bref me voilà de nouveau operationnel.

Cette anecdote assez pitoyable sur l’état de mon matérialisme occidental primaire fut confronté de plein fouet par un bénévole de Handicap International qui m’a intercepté dans la rue pour me proposer de devenir donneur régulier. Après avoir déballé mes banalités déconcertantes sur ma situation financière « je travaille à mi-temps, je touche les assedics… » j’ai pris de mon temps pour l’écouter. Et j’ai réalisé à quel point tout ça, toutes les préoccupations que l’on peut avoir dans nos vies confortables se heurtent honteusement aux horreurs de ce monde. Aux bombes à sous-munitions qui jalonnent les champs du Vietnam et que les enfants prennent pour des citrons, à la poliomyélite qui, sans vaccin, entraîne encore des milliers d’amputation et de paraplégies, au Sida mal soigné et qui se répand plus vite que l’on n’ose l’imaginer… Enfin bref, ailleurs il y a des gens qui se battent pour survivre et d’autres gens qui se battent pour les aider à survivre et moi je suis obnubilé par un clavier d’ordinateur. Bon je vis dans la société qui m’a elevé, je suppose que ce n’est pas véritablement de ma faute mais j’ai honte quand même. Alors je me suis engagé à devenir donneur régulier. Non pas pour apaiser ma conscience vraiment pas. Ce serait le summum de l’indignité mais au contraire pour lancer vers eux, ces Hommes qui souffrent un grain de sable qui j’espère pourra aider un peu.

Voilà la seule chose positive que je retire de tout ça. J’ai mon nouveau clavier et je suis en colère parce qu’il m’est impossible de configurer la touche « courrier » pour arriver directement sur Hotmail. Tout est à sa place. Dans une hiérarchisation des problèmes de vie totalement incohérente et effrayante. Mais c’est ainsi, il faut s’y faire ou partir en Afrique, en Asie ou en Inde et mettre sa vie en jeu au service des autres et pas uniquement quelques euros dérisoires. Mais je n’en suis pas là et n’y serait probablement jamais même si ça me désole et m’attriste.

A part ça, presque une semaine après la note d’intention et le synopsis ne sont toujours pas « définitif ». Je n’arrête pas d’effacer, de recommencer, de rajouter, de me perdre etc… Je ne sais pas très bien si ce que j’écris fait sens ou pas et surtout si c’est vendeur pour le scénario. Les quelques mois à venir nous le dirons je pense.

Dernière petite chose, Entre la Lune et le Soleil a été sélectionné au Festival de Valloire en catégorie Off (juste une projo quoi). Rien de bien transcendant mais ça fait toujours plaisir. En outre il sera diffusé dans un bar de Paris en Janvier.

Et last but not least, Gin arrive dans deux jours !

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