• Accueil
  • > Archives pour septembre 2008

Archive pour septembre 2008

Les vacances sont vos amis, il faut les aimer aussi…

Vendredi 12 septembre 2008

Demain le déménagement final commence. Il va falloir mettre dans des boîtes et des sacs un an de notre vie. Comme si on emballait soigneusement des souvenirs que l’on ne voulait pas laisser derrière nous. Comme les artifices de notre future nostalgie.

 

Les vacances furent bonnes bien qu’un peu chaotiques. Entre différentes villes, différentes humeurs, différents sentiments. Grazalema d’abord où l’inconfort de la maison des parents de Gin a quelque peu entâché notre enthousiasme mais l’endroit est superbe alors je pardonne tout. Séville deux jours très intenses. Puis Cadix pour 4 jours trop pleins moments où je n’existais pas. Enfin Gibraltar et Malaga dans la même journée. Journée absolument mémorable où sur le rocher de Gibraltar, Gin s’est fait littéralement attaquée par un singe qui a voulu lui voler son sandwich alors que justement j’étais en train de lui décrire le scénario d’un mauvais film d’horreur où un groupe de jeunes américains se retrouvait coincé sur le rocher et attaqué par une colonie de singes génétiquement modifiés…

 

Les vacances sont vos amis, il faut les aimer aussi... dscf0170qw8
Séville fut une expérience mémorable. Notre premier hôtel quatre étoiles qui incluait piscine, jacuzzi, salle de sport, sauna. L’impression diffuse et maladroite du luxe dans nos vies de classe moyenne. Ce violent désir puéril et consommateur de vouloir tout essayer, très vite, à fond parce que c’est compris dans le prix et que cette opportunité de vivre comme un riche est bien trop brève pour être gâchée. Avec tout le superflu que cela suppose nous avons donc vécu cet hôtel comme la révélation de ce que la superficialité de l’argent pouvait quand même être délicieuse. Découverte intéressante mais ô combien frustrante puisque dès le lendemain, il a fallu traîner nos valises énormes dans les rues de Séville jusqu’à la voiture, garée deux kilomètres plus loin dans une zone de stationnement gratuit. Et oui cette société moderne te permet bien facilement de revêtir les habits de la richesse et de l’opulence mais seulement sur le mode de la location, tu ne peux jamais en devenir le propriétaire. Aujourd’hui on ne peut que goûter du bout des lèvres sans jamais pouvoir s’en remplir la bouche, laissant dans l’estomac un vide gargouillant aussi incommodant que dispensable.

 

dscf0030gz3
Alors qu’un paysan du XVéme Siècle ne pouvait envier ce qu’il ne connaissait pas et devait donc trouver les vertus du bonheur matériel dans le quotidien rude et laborieux qui était le sien, le jeune étudiant du XXIème Siècle ne fait que languir la vie qu’il pourrait avoir avec les richesses de ses concitoyens fortunés. Ne pas savoir est toujours mieux que connaître ce qui ne t’ai pas accessible. Tu échappes ainsi à la douleur de ce que tu rates. Or cette société ne te laisse pas l’opportunité de rester sagement, au chaud, dans la grotte à regarder les ombres danser sur le mur. On te balance dans tes yeux ébahis, la beauté, l’argent, l’oisiveté et toutes ces vertus stériles et réductrices pourtant présentées comme la panacée d’une vie réussie (quoique pour l’oisiveté ça se discute).

 

Il faut donc une certaine forme d’abnégation pour profiter pleinement de ce que l’on possède sans être rongé par la jalousie de ce que l’on n’a pas et qu’on aura jamais. Car même si on tend à nous faire rêver aujourd’hui à travers des mythes comme le self-made man ou dans l’illusion du loto et de l’euro-millions, on sait tous très bien que si progression sociale il y a, elle ne peut qu’être relative et n’apportera en aucun cas cet état de plénitude matérielle aussi vaine que fantasmée.

 

Mais ne nous plaignons pas, il y a du pain sur la planche et un toit sur notre tête. C’est cela sans doute qui doit primer sur tout les objets, gadgets et ustensiles de commodités dont on peut très bien se passer. Mais putain le dernier Iphone avec écran tactile et GPS dont je ne me servirais jamais a l’air de déchirer sa mère !!!

Gin

Mercredi 10 septembre 2008

L’amour, le vrai, c’est être passionné par ça :

Image de prévisualisation YouTube

La fatale mise en branle des rouages du destin

Lundi 1 septembre 2008

Ce week-end passé, c’est la mise en route du processus de changement définitif de vie qui commence. Une espèce de marche qui commence pour ne plus s’arrêter pendant quelques temps. Ça a l’avantage non négligeable d’avoir une sensation définitive de mouvement vers l’avant, accompagné de cette brise excitante de la nouveauté à venir tout en rompant tout concept de routine mais ça comporte également bon nombre de désagréments. C’est généralement une période financièrement rude avec beaucoup de dépenses inévitables concernant un changement de domiciles, un déplacement important, un déménagement etc. Et puis cela brise ma routine de mangeurs de culture. Plus de films pendant presque un mois c’est dur. Et impossible d’écrire non plus. C’est le désert, l’éponge reste sèche au bord de l’évier laissant une trace de calcaire blanche qui se traîne jusqu’au siphon. Et enfin et c’est le plus prégnant, malgré le parfum d’aventure qui chatouille les narines, il y a toujours une certaine tristesse et, dans mon cas, une nostalgie mélancolique profonde de la vie que l’on abandonne.

Mais ça y est nous avons pris les décisions que nous devions prendre et tout est prêt pour être enclenché. Pour que cette roue commence à tourner et à nous emmener ailleurs, où elle voudra bien s’arrêter. Gin, part en Angleterre et moi j’ai décidé de tenter ma chance d’artiste de mes couilles à Paris, comme tout provincial naïf et idéaliste. Enfin bref, demain nous partons en « vacances » à Séville pour deux jours, ensuite nous allons chez Mané & Concha (les parents de Gin), puis retour ici, préparation du déménagement, 1500 km jusqu’à chez mes parents, deux semaines là-bas qui va multiplier aller/retour à Lyon et redépart pour l’Angleterre avec un arrêt au retour qui se prétend définitif : Paris.

Pas grand chose à raconter finalement si ce n’est l’étalage et le partage de cette tension étrange qui me sous-tend à l’approche de cette révolution sociale. Je serais donc absent quelque temps ici (au moins une semaine). Non pas que je risque de manquer à qui que ce soit (à part à moi même) mais je préfère mettre ma vie en perspective. Je serais absent, bientôt une nouvelle vie etc… Comme une réflexion permanente sur mon propre devenir qui m’aide à le façonner et lui donner la forme et les contours que je désire.

Bon allez bientôt j’arrêterais de parler de moi, de moi et de moi pour un peu parler des choses qui me passent à travers tout en y laissant des traces durables et indélébiles. Je vois beaucoup de films en général et je ne m’exprime pas sur chacun d’eux. Pourtant je vois des choses dignes d’être mentionnées et louées ici. Mais voilà toute ma vie est résumée ici. Je préfère parler de moi que des films, donc tout cinéphile que je sois, je préfère faire des films (sur moi bien évidemment) que de parler de ceux que je vois… Et oui c’est le fatale cercle vicieux du boomerang que je lance et qui finit toujours pas retomber dans mes mains. Alors je le lance encore.

Hasta luego et on verra dans quelques temps si le reflet est toujours aussi vain où si je parviens à y trouver des contours harmonieux.