L’heure du bilan

Voila, ça fait un an maintenant que j'habite à Paris, que j'ai opéré ce déménagement que j'espèrais décisif pour moi et que j'avais fantasmé plusieurs années durant. Qu'en est-il aujourd'hui, un an après, positif, négatif, neutre ?
D'un point de vue personnelle, je me suis éclaté. La ville est merveilleuse, je ne m'en lasse pas (je la connais à peine à vrai dire tellement il y a de choses à voir). J'ai bien peur de n'avoir jamais envie de m'en séparer. De plus j'ai pu profiter du cinéma comme j'avais je ne l'avais fait avant. Voir beaucoup de choses différentes et passionnantes auxquelles je n'aurais pu assister auparavant. Il faut que je me bouge plus pour aller voir des expos et des musées (heureusement que Gigi me pousse un peu dans ce sens là) car c'est inépuisable. Et la vie en elle-même a été vraiment super agréable. J'ai profité comme jamais des joies d'être au coeur de la ville durant les 9 mois que j'ai passé à République. Rarement je n'avais senti ce poids de la “cité” tout autour de moi, sa prégnance architecturale et humaine, ses entrelacements secrets, son sein si paradoxalement chaleureux et impitoyable. J'ai tout de suite trouvé un travail. Parmi l'éventail des possibilités de jobs que je puisse trouver celui-là en représentait un peu le Graal. Vendeur DVD dans une grande enseigne idéalement placée (Virgin des Champs-Elysées). Ça me changeait de la préparation de commande à moins 30 et de la pose de parquet, 8 heures par jour à genoux. Et effectivement le travail est très plaisant. Entre les collègues cinéphiles, le rythme de travail on ne peut plus tranquille et les produits qui nous entourent je ne peux pas me plaindre. Je n'ai pas encore le syndrome de me battre tout les jours pour aller au travail. Quand j'enfile mon gilet et me retrouve sur le terrain j'ai parfois l'impression d'être dans ma chambre.

Mais ce n'est pas suffisant. Le gros bémol de cette année a été clairement le cinéma d'un point de vue professionnel. Que ce soit dans la diffusion d'Entre la Lune et le Soleil (diffusé dans un bar, je ne me suis pas assez bougé de ce côté là je le reconnais) ou dans le montage de mon nouveau projet (écrit il y a déjà un an), Le Chevalier Errant sans Monture qui n'a pas avancé d'un pouce, c'est un peu une année perdue. Cela me paraît un peu normal de prendre du temps pour trouver ses marques, pour savoir vers qui s'adresser etc… Mais toujours est-il que je finirais 2009 fortement frustré. D'autant que je n'ai aucune assurance de rebondir en 2010. J'ai parfois l'impression que ça ne tient qu'à moi et l'instant d'après je m'apitoie sur moi-même en maudissant ce foutu système. Je m'étais promis d'aller à Cannes avec un nouveau film à mettre au Short Film Corner mais je dois dire que pour l'instant il n'y a rien de vraiment concret qui puisse remplir le contrat de cette promesse.

Alors je traverse une période de remise en cause personnelle et professionnelle assez profonde. Je me sens parfois un peu perdu dans ma propre tête. Mais ça n'entache pas ma motivation et mon envie d'aller de l'avant, je pense que c'est le plus important. Comme pour beaucoup de mes amis, on vit tous une période charnière de notre vie où pour certains c'est plus facile de s'insérer dans la file qui leur convient et où pour d'autres on tâtonne à l'aveugle sans savoir ce qu'il y a devant. Je préfère cela ceci dit, à un boulot fixe dans lequel je sais que je vais probablement y passer le reste de ma vie active. Il n'y aurait rien de plus triste.

Enfin bref, j'habite à Paris, j'ai un boulot alimentaire sympa qui me prend beaucoup de temps, je commence à donner des cours à un atelier vidéo et je me rends compte que je m'amuse énormément et y trouve beaucoup de plaisir (piste à creuser pour le futur), je suis totalement heureux en couple, j'ai un appart sympa et j'ai des projets de films dont un court-métrage qui me tient très à coeur et auquel je crois beaucoup. Voilà comment je peux résumer ma vie à l'heure d'aujourd'hui. Voilà le bilan qui clôt cette première année dans la capitale.

Rendez-vous dans un an.

Publié dans : |le 19 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »

Nolife…

Pendant plusieurs mois, j'ai fantasmé sur ma future installation télé écran plat + ps3 + blu-ray où j'allais enfin pouvoir profiter un max de ma cinéphilie à la maison et arrêter de regarder des films, assis sur une chaise en face de mon PC. Et bien ça y est, après avoir dépensé beaucoup (trop) d'argent j'y suis arrivé. Assis sur mon canapé en face de mon 117 cm LED, avec ma PS3 allumée avec un Blu-Ray à l'intérieur. Ce moment là aurait signifié pour moi, il y a quelques années, une montée d'excitation extraordinaire assortie d'une satisfaction totale et fière face à ce que je venais d'accomplir. Mais là quelque chose s'est brisé en moi. L'excitation puérile de l'événement a fini par totalement s'éventer. Assis sur mon canapé face à cet écran immense, je ne me sens pas rempli de joie, je ne suis pas ébloui, ça ne me rend pas momentanément heureux. L'image est belle, la coordination des différents appareils est parfaite et ne me déçoit en rien. Tout fonctionne selon ses attributions. Le seul disfonctionnement à noter est à l'intérieur de ma poitrine. Dans un processus mort-né, un mécanisme qui ne s'est pas déclenché.

Qu'est-ce qui s'est passé ? What went wrong ? Après avoir avalé cette déception personnelle et l'avoir même un peu caché autour de moi par honte, j'ai tenté de comprendre ce qui se passait. Assez rapidement je compris les raisons d'une telle réaction. J'ai grandi. Quand on est enfant et que l'on s'imagine avoir pour Noël tel ou tel jouet, rien ne peut entacher l'excitation qui monte lentement et qui trouve son aboutissement orgasmique à l'ouverture de l'emballage et à la première prise en main de l'objet. Toujours on attend quelque chose. J'ai toute ma vie vécue dans l'impatience de quelque chose qui devait arriver, ne serait-ce que la sortie d'un film au cinéma que j'attends depuis des années. Et bon ou mauvais soit le film, le plaisir de la découverte n'a jamais été déçu, ce fourmillement intérieur, cette joie sourde s'est toujours vue récompensée à sa juste valeur par une vague de chaleur momentanée et agréable. Mais cette fois tout s'est désamorcé et s'est éteint comme ça, insidieusement. Le temps passant, les choses que l'on attend changent de statut. A l'impatience matérielle d'un nouvel objet se substitue le  désir plus profond d'un bonheur plus dilué. A l'impatience de l'instant se substitue l'attente plus sage d'un bonheur quotidien. Aujourd'hui la flamme n'est pas éteinte mais elle ne s'enflamme plus comme avant. Cela peut paraître d'une tristesse infinie mais en réalité cette flamme s'est juste amenuisée et n'est plus sensible au moindre fluctuations du vent mais attend patiemment la tempête, la tornade qui étendra sa langue coruscante alentour, embrasant mon corps en une gerbe instantanée et lumineuse réduisant en cendres le quotidien de ma vie.

Je pense que l'homme est ainsi fait. Qu'il est ontologiquement construit selon une évolution logique dans la hiérarchie de ses attentes. Cela est une évidence même mais il m'a fallu en traverser le processus empirique pour en retirer l'essence. Aujourd'hui je sais que ce qui me rendra heureux ne sera pas l'enchaînement programmé de micros-évènements mais bel et bien l'installation pérenne de quelques blocs inaltérables de vie. Et je sais pertinemment que la réussite professionnelle, en ce qui me concerne, est actuellement ma plus grande inquiétude. J'ai réussi brillamment à trouver l'amour et à m'installer dans une relation osmotique et de ce point de vue là je réalise chaque jour ma chance. Cependant je sens peser sur moi l'ombre de l'échec professionnel et c'est cette obscurité froide qui fait vaciller la flamme, qui la menace de l'éteindre. C'est le jour où je recevrais le premier centime en tant que cinéaste ou que je verrais mon nom sur un écran de cinéma que cette flamme prendra son ampleur maximale et s'étendra en l'incendie qui ravagera les plaines désertiques de mon âme.

Sinon rien à voir mais je termine à peine un roman absolument divin où le génie éclate à chaque page, à chaque ligne où la beauté de la littérature n'a d'égale que la richesse de ce qui est dit. Rarement lu des passages aussi beaux. Beaux dans le sens plein et profond du mot. D'une beauté irréelle et immortelle. J'ai eu l'impression d'avoir lu constamment ployé sous le joug esthétique des mots et des phrases. Un chef d'oeuvre comme on en lit, je pense, très peu dans une vie :

Le Rivage des Syrtes - Julien Gracq

Je ne saurais donc que trop le conseiller. Comme tous les Gracq il est en plus édité chez José Corti, l'éditeur qui vent des livres où il faut couper soi-même les pages, les séparer une à une. Cela donne, en particulier pour ce roman-ci, un charme particulier,  comme la découverte progressive d'un trésor caché. Je rêve d'en faire une adaptation. Ce serait quasiment impossible, le film d'une vie. Il faudrait un doigté, une délicatesse infinis pour pouvoir en venir à bout mais ce serait passionnant. J'ai lu cette année trois ouvrages qui font partie de mon top 10 littéraire de tout les temps : La vie (mode d'emploi) de Pérec ; Vendredi dans les limbes du Pacifique de Tournier et celui là. Année parfaitement réussie de ce côté là donc.

 

Publié dans : Non classé |le 3 novembre, 2009 |Pas de Commentaires »

Le come back du come back

Enfin j'ai récupéré Internet.Depuis notre déménagement à Asnières, nous n'avions plus Internet à la maison (si ce n'est l'iPhone qui m'a quand même largement sauver la vie - oui car Internet c'est la vie). Suite à une embrouille avec Numéricable j'ai décidé de me tourner vers Free et tout s'est très bien passé jusqu'à ce qu'on me vole ou que le m'on subtilise ma freebox que j'avais fait envoyer à mon boulot. Donc gros bordel pendant trois semaines, j'appelle tout les deux jours et tout les deux jours on me dit qu'il faut que j'attende et que l'on va me rappeller. Jusqu'à la semaine dernière où, totalement par surprise, je reçois par la poste une nouvelle freebox. Ils ne m'ont toujours pas demandé de rembourser celle qui a disparu, donc je fais comme si de rien n'était (ça vaut quand même 300 €) et pour le moment tout est rentré dans l'ordre…

Sinon quoi de neuf dans ma vie ? Un nouvel appart dans lequel je respire enfin et qui ressemble plus à une petite maison que mes anciens 12 m². Je m'y sens vraiment bien avec Gigi (nouveau petit nom de Gin). On y passe des soirées géniales, juste à être là, ensemble. Sinon j'ai recommencé à bosser sur Le Chevalier Errant. Il faut relancer la machine, parce que là, après trois mois d'inactivité, j'avoue être un peu rouillé. Plus j'avance, plus je sens un bouillonnement en moi qui me rapproche inéluctablement vers le film. Je veux le faire, à tout prix mais je ne sais pas comment, avec quel argent, quelle équipe etc… Je me sens au début du processus de création mais en même temps complètement immergé dedans un film dont chaque plan existe déjà. Virgin se passe toujours aussi bien, aussi tranquilement même si je commence un peu trop à sentir que ça me mange trop de temps et d'énérgie. L'idéal serait de revenir à mi-temps mais je sais que c'est impossible. On verra aussi ce que je fais de cet élément de ma vie, comment je le transforme en “autre chose”. La seule vraie nouveauté, c'est sans doute Mathieu, mon fidèle compagnon qui m'a proposé d'être un intervenant dans son collège, dans le cadre d'un atelier vidéo. Je serais le “professionnel” qui vient offrir son savoir aux petits jeunes avides d'apprendre. Ca peut être franchement fun et enrichissant. Bon il faut que je le fasse pendant mes jours de congés et c'est loin de Paris mais je me dis que je ne peux pas refuser cette opportunité.

Voilà. Ceci est juste un message de reprise. Un rattrapage grossier et basiquement exhaustif de ce trou noir qu'à été l'été. Je reviens très vite avec plus de matière !

Publié dans : Non classé |le 19 octobre, 2009 |Pas de Commentaires »

General Error

En ce bon jour de congé qui m'est arrogé je pensais terminer le DVD du film que j'ai tourné il y a déjà deux ans, histoire quand même de tourner la page et de passer au prochain qui se fait méchamment attendre (par moi en tout cas, je suis mon premier fan…). Mais c'était sans compter la dure loi des logiciels qui en a décidé autrement et qui m'a gentiment gratifié d'un “general error” au moment de la gravure du saint disque. Un “general error” concis, deux mots qui claquent comme le drapeau américain planté sur le sol lunaire (et oui c'est d'actualité) et qui me refusent toutes actions quelle qu'elle soit. Un “general error” vague qui ne précise ni l'origine du problème et encore moins, la possibilité de sa solution. Un “general error” qui enterre toutes tentatives de resolution du problème potentiel. Un “general error” totalement fatal qui jaillit dans ma face ahurie. Bon, je dois l'avouer, le logiciel sur lequel je travaille n'a pas été obtenu légalement. Est-ce une vengeance alors de son créateur, qui te laisse faire tout le boulot, tout le projet mais qui t'interdit d'en profiter ? Est-ce une punition du Tout-Puissant pour ce péché de vol que j'ai commis ? Est-ce un clin d'oeil du destin pour me signifier que ce “general error” est entièrement à l'image de ma carrière de cinéaste ? Quelque chose qui n'éclora jamais et qui restera à l'état d'un projet non finalisé, voué à être effacé le jour où mon disque dur interne manquera de place pour les gros fichiers “responsabilités matérielles” et surtout “enfants”.

Enfin bref, j'en suis là devant mon écran, à ne savoir que faire. A tenter vainement des copies de fichier et d'autres choses inutiles quand peu à peu je perds l'envie de me battre. Et je dérive. Je clique sur le renard et me voilà parti dans le vortex mangeur de temps.Ce DVD ne sera pas terminé aujourd'hui alors qu'il aurait pu. Éternelle procrastination. La Mal de notre génération.

Publié dans : Non classé |le 23 juillet, 2009 |1 Commentaire »

Tenemos casa !

Ca y est nous avons un appartement ! Cela s'est passé finalement d'une manière assez simple puisque suite à une visite très sympathique avec un propriétaire très concerné par nos situations et véritablement à l'écoute malgré notre dossier assez faible, ledit propriétaire a téléphoné à mon père avec qui il s'est entendu à merveille et où le dernier l'a assuré de sa totale prise en charge de la moindre défaillance de mon compte en banque dans le paiement de mon loyer. Cela a apparement suffi au propriétaire pour prendre sa décision et me rappeler en m'annonçant positivement que notre dossier était retenu en se rassurant d'un “j'espère que vous êtes sérieux“… Ô joie enfin nous allons quitter ces 14 m² dans lesquels nous étouffons de plus en plus et nous allons pouvoir enfin vivre normalement avec un lit, un bureau, une table pour manger. Je regrette simplement que cette transaction se soit une fois de plus conclue grâce à l'apport indirect de mon père. J'eusse aimé pouvoir le convaincre à la simple force de mon argumentaire et sentir dans sa voix, ses yeux ou son attitude la réussite de mon discours. Mais non ça ne s'est pas passé ainsi et je crois qu'il est fort peu probable que cela ait pu jamais se passer ainsi. J'espèrais dans cette quête d'un logement au sein de cette jungle inique pouvoir remonter à la surface cette confiance en moi que je semble avoir enfoui légèrement trop profondément dans mes entrailles dernièrement. Pouvoir convaincre un propriétaire de ma viabilité financière équivaut à convaincre un producteur de ma viabilité artistique. Le but est différent mais la victoire est la même. En serais-je jamais capable ? Aurais-je un jour l'opportunité seulement de défendre ce que j'ai à offrir ? J'ignore tout ça…

Mais tâchons de ne pas retourner cette heureuse nouvelle en démonstration d'un echec. Nous allons par contre devoir quitter Paris et surtout le quartier où nous sommes actuellement et que j'adore (le 03ème arrondissement) pour une banlieue proche (Asnières) où le charme est moins immédiat et la ville un peu moins accessible (nous sommes proche du métro, moindre mal). Jamais je n'aurais cru que sortir de la ville me causerait un si grand chagrin. Comme si habiter au delà du périphérique c'était déjà avouer mon echec social. Je m'en veux d'avoir ce genre de préceptes que seul un parisien pur souche serait en droit d'avoir mais malheureusement c'est plus fort que moi. Je suis plus bobo que je ne veux bien me l'avouer. Enfin bref, nous construirons notre petit nid d'amour avec tout le soin que nous avons pris pour construire notre relation et pour la première fois, même si nous avons vécu plus de deux ans ensemble, Gin et moi avons la véritable sensation de s'installer ensemble, de commencer quelque chose. Et ça c'est délicieusement excitant.

Côté boulot, je termine actuellement le DVD d'Entre la Lune et le Soleil. Gin m'a fait cadeau d'un magnifique dessin qui sera la jaquette du DVD. J'en suis très fier et un tel écrin prendra magnifiquement soin du film, si cher à mon coeur.

L'été parisien est une blague. Deux semaines de grosses chaleurs et depuis plusieurs jours tout est retombé. Que de grisaille et de fraicheur. Je fantasme un nouvel été brûlant en Andalousie.

Publié dans : |le 13 juillet, 2009 |Pas de Commentaires »

Toujours vivant…

Bon voilà, malgré toutes mes précautions et mes mises en garde je n'écris plus ici. Ce n'est pas un manque de motivation ou d'inspiration mais simplement le résultat d'un profond chamboulement de mon quotidien m'obligeant contre mon gré à revoir mes systématismes. J'ai vécu seul pendant 9 mois et je crois que je trouvais ici le lieu idéal pour m'épancher sur tout et rien, pour garnir d'enjolivures les micro-événements de mon univers et les fluctuations superficielles de mon caractère hyper-sensibles. Et depuis qu'est revenu dans ma vie l'amour de ma vie, c'est à elle que je consacre tout cela. C'est elle la page blanche de ce blog sur laquelle je m'exprime. C'est en plus un blog ineractif où les commentaires sont immédiats. Comme un un outil virtuel doué d'une intelligence artificielle. Je crois être parvenu à une satisfaction relationnelle totale où je me sens entier. D'où je pense mon inintérêt momentané pour venir écrire ici même. Mais peu à peu je me rends compte de l'importance de ne pas me laisser aller et du regret que je ressentirais si effectivement je ne me donnais plus la peine de garder actif ce petit morceau de moi. Donc c'est fait me voilà de retour. J'essaierais d'être plus constant. D'autant qu'un nouveau récit vient de s'ouvrir avec la recherche d'appartement que nous avons entrepri il y a quelques semaines et qui se révèle pour l'instant toute catastrophique. Nous n'avons pas le niveau social pour prétendre à un logement au delà d'un loyer de 400 € (puisque rappelons le, il faut gagner trois fois et demi le montant du loyer pour prétendre au logement). Or, les appartements qui nous intérèsse  se situent plutôt entre 650 et 750 €. Tout ça pour avoir une chambre et un salon séparé et le droit de vivre décemment. Car depuis plus d'un mois nous survivons dans 14 m². La chaleur n'aidant pas, nous étouffons tous les deux dans ce petit cube encombré où chaque mouvement doit être fait avec précaution pour ne pas heurter un meuble où faire tomber une pile de vêtements. Et se faire dire très souvent lorsqu'on téléphone à une agence pour un appartement qui convient que l'on ne gagne largement pas assez, c'est horriblement rageant. Avoir l'impression terrible de demander la lune et de ressentir dans la voix de son interlocuteur le léger sarcasme face à des illuminés. Il nous reste deux mois et demi pour trouver quelque chose avant que ne s'achève mon préavis. Le compte à rebours a commencé.

Il y a un an que je terminais mon film. Je dois reconnaître une grande décéption en ce qui concerne toute la carrière en festival qu'il n'a pas eu et plus généralement dans l'exposition que je lui ai donné. Je ne me suis peut-être pas assez battu, je ne sais pas. En tout cas, un an d'inactivité cinématographique me fend le coeur (bon j'ai écris quand même) et je meurs d'envie de m'y remettre. Je ne sais pas trop quand, ni comment, mais ça bouillonne et je sais que tôt ou tard, je franchirais le pas.

Publié dans : Non classé |le 1 juillet, 2009 |Pas de Commentaires »

Here we go again !

Ça y est, Gin est revenue dans ma vie. Définitivement. Après ces difficiles mois de séparation où les conversations téléphoniques ou visio-conférences étaient devenues insatisfaisantes voires insupportables, nous avons retrouvé nos corps, nos odeurs, nos effluves et notre amour. L'installation s'est faite avec plus de douceur que je ne l'imaginais et aujourd'hui malgré les 14m² de logement la cohabitation est harmonieuse. Cependant il nous faut penser à déménager. A aller vers quelque chose de plus grand. Nous n'avons pas la prétention de vouloir un palace mais simplement un appartement avec une chambre et un salon. Quelque chose avoisinant les 30-35 m² dans lequel chacun de nous pourra se déplacer sans entraver l'autre. Nous avons commencé plein d'entrain les recherches préliminaires mais très vite on nous renvoya une donnée douloureuse et discriminatoire. Pour pouvoir prétendre louer un appartement d'un loyer de 700 € (ce qui correspond à ce que nous recherchons), il faut que le locataire signataire du bail gagne 3 fois et demi le montant du loyer et bénéficie d'un CDI datant de plus d'un an… Donc moi, simple vendeur, titulaire d'un CDI datant de moins de 6 mois et d'un salaire de 1300 € et ma compagne future étudiante boursière n'avons le droit à rien… Nous avons juste le droit de rester dans notre 14m² (qui m'avait été alloué sous forme de faveur vu ma condition de pauvre) et de fermer notre gueule. J'ai eu beau invoquer la possibilité d'avoir des garants qui (potentiellement, il faut que je demande ça à des amis et c'est assez gênant) gagnent 3 fois et demi le montant du loyer, la conclusion de la personne de l'agence fut irrévocable : “Ce n'est pas possible”

Voilà, à peine quelque mois après avoir galéré comme un fou pour trouver le petit trou dans lequel je me trouve, voilà qu'il me faut replonger tête la première dans la bataille pour espérer obtenir le droit de vivre dignement alors que j'ai un emploi et un salaire. Cette discrimination sociale permanente et humiliante me dégoûte et me désespère. Je sais que nous finirons par trouver quelque chose à force de chercher, qu'il existera une brèche dans le système, une étincelle d'humanité dans laquelle nous pourrons nous engouffrer mais je sais aussi qu'il va certainement nous falloir revoir nos exigences à la baisse.

Enfin ne nous plaignons pas. Nous voilà en couple, à Paris, l'été arrive et nous sommes heureux. 14m² de bonheur intense vaut peut-être mieux que 35m² de bonheur dilué. Ca veut rien dire mais au moins c'est rassurant…

Publié dans : |le 5 juin, 2009 |Pas de Commentaires »

Non, je ne suis pas mort.

Rien de plus triste qu'un blog mort. Une page Internet bloquée sur la même phrase, la même image, indéfiniment, vouée a rester là, immuable dans sa solitude, au sein du flux en perpétuel mouvement du web. Non ce blog n'est pas inactif. Des raisons techniques m'ont d'abord tenu éloigné d'ici. Une défaillance malheureuse de mon matériel informatique, injustement attaqué par un virus et que j'ai, dans ma tentative maladroite de le purifier, renvoyé chez le réparateur (j'en ai choisi un autre mais il s'est avéré tout aussi incompétent). Cela fait donc une semaine que j'ai récupéré la bête mais un ami fraîchement débarqué à Paris avait besoin d'un endroit où rester alors c'est avec plaisir que je l'ai accueilli. Depuis il semble que je n'ai pas trouvé l'opportunité de m'asseoir ici et d'étaler mes états d'âme.

Mais aujourd'hui je décide de repartir de plus belle. Car je me rends compte que l'inactivité de ce blog correspondait simultanément à une inactivité totale cinématographique. Il faut que je m'y remette. Continuer à envoyer des dossiers. Finir ce satané DVD. Écrire. Y croire. Et y croire plus fort encore. Ne rien lâcher. Et depuis quelques semaines j'ai malencontreusement laché la bride et ma monture a ralenti sa course et s'est détournée du chemin initialement prévu.

Sinon ma vie s'apprête à connaître une révolution majeure puisque dans une petite semaine je pars en Angleterre pour chercher Gin et qu'à notre retour nous nous installons ensemble en CDI (couple a durée indéterminée). Ca me rend incroyablement heureux de penser à ça. De l'imaginer là, dans mon monde pour toujours. De la savoir près de moi. De la voir incarner ma vie et de lui donner forme. C'est une formidable aventure qui commence et je me sens extrêmement chanceux d'avoir l'opportunité de vivre cela une nouvelle fois après les deux ans de vie commune que nous avons déjà partagés. Retrouver cette sensation délicieuse que rien ne puisse venir entraver ce bonheur simple d'être ensemble et de l'être pour l'étérnité dans une osmose merveilleuse. C'est un moment privilegié où l'on touche au noyau quintessentiel de l'amour sans que le quotidien ne soit encore venu le parasiter.

Ensuite il va falloir chercher un appartement, déménager, s'installer, s'adapter. Mais partager tout cela avec la femme de sa vie n'apparaît non plus comme une corvée désagréable et stressante mais plus comme une aventure de la vie, une évolution commune vers le mieux qui ne peut nous faire du mal puisqu'on le fait ensemble et, qu'ensemble, on ne peut nous atteindre.

Beaucoup de naïveté dans tout cela mais aussi une sincérité vraie, une béatitude précieuse et rare devant ce fait humain incroyable qu'est l'amour.

Publié dans : |le 21 mai, 2009 |Pas de Commentaires »

Le rire narquois

Un des avantages de mon boulot c'est réaliser que ce truc (avec Stomy Bugsy le has been du has been) :

ou bien encore ce truc :

ou encore ce truc :

 

ne se vendent pas. Mais quand je dis “pas”, ça veut dire 0. Le DVD a beau être exposé pour donner envie, PERSONNE n'en achète. Et chaque jour passer devant et voir qu'il y en toujours autant que la veille est un plaisir coupable délicieux. On prie pour que personne n'ai la mauvaise idée d'en acheter un et pour qu'ils restent tous là en face de la honte de leur propre echec. Comme quoi les gens n'achètent pas tout et n'importe quoi (quoique j'ai de nombreux contre-exemple)…

Publié dans : |le 23 avril, 2009 |Pas de Commentaires »

Post-Coïtum Sadness

Je me sens misérable aujourd'hui. Sans vraiment de raisons, je ressens une tristesse latente dans chacun de mes gestes et dans mon effrayante inactivité. Je pense que le départ récent de Gin m'a fait plus de mal que je ne veux l'admettre. J'avais pourtant réussi à me convaincre que ma routine de célibataire saurait me satisfaire en son absence mais j'avais indubitablement tort. Mes escapades cinéphiles, mes lectures inopinées et ma propension à passer du temps devant cet écran d'ordinateur n'ont absolument pas réussi à combler le vide que son départ a occasionné.

Alors tout me revient en tête et la torture mentale recommence. Moi qui ait un travail alimentaire et qui ne parvient pas à avancer dans le ciné. Mon dernier film qui a été envoyé à près de trente festivals et qui n'a été sélectionné que dans un seul (en off en plus, pour boucher les trous, comme une sélection volontairement blessante), mon nouveau projet qui ne trouve toujours pas preneur (même si je sais qu'il est encore bien tôt pour baisser les bras). Bref, je commence à avoir cette triste impression que je ne vis pas la vie que je veux vivre. En même temps je ne sais pas si nous sommes beaucoup à vivre cette vie là. Cette vie en parfaite harmonie avec nos préceptes moraux et sociaux qui parvient quotidiennement à nous épanouir intellectuellement et physiquement, qui nous met en accord avec le monde, qui nous fait l'embrasser et devenir le monde. J'ai l'impression que cette vie là n'existe pas et que le paradis n'est un lieu géographique mais un point à atteindre à l'intérieur de l'être pour le déplier vers l'extérieur.

Bref je rentre dans la vie active et je me rends compte avec horreur de ces vicissitudes et de l'horrible dépendance que cette société moderne a instauré entre la production et la rémunération. Pour vivre il faut de l'argent et pour avoir de l'argent il faut travailler. Et travailler revient pour la majorité de la population a se rendre chaque jour ouvrable dans un lieu identique réaliser des actions n'ayant aucun rapport avec sa propre personne et sa subsistance pour recevoir à la fin du mois un salaire lui octroyant le droit de vivre dans la société. Ce cercle vicieux est proprement terrifiant tellement il semble ôter à l'homme la possibilité de se poser la question de savoir ce qu'il veut faire de sa vie. Cette question il peut se la poser les week-ends et les 5 semaines de congés payés par an. Le reste du temps il travaille et organise sa vie autour de ce travail ou en fonction de lui. Je me sens très naïf dans mes réflexions sur tout cela mais j'ai du mal à saisir comment le travail hors de soi, mécanique et impersonnel (que ce soit pour l'ouvrier, le médecin ou l'avocat) a pu devenir la charnière principale de la vie. On en vient même à espérer la retraite ! A se dire que l'on achètera cette maison à Cadix et que l'on y passera nos étés entre promenades au soleil et tinto de verano en terasse. On en vient à attendre la déchéance du corps pour pouvoir se réaliser pleinement et donner toute sa force à l'esprit, engourdi d'avoir dormi durant nos quarante années de cotisation ! Quelle sombre tristesse. Quelle sombre dénigrement de ce qui fait de nous des hommes.

J'ai bien conscience que j'échapperais à toute cette torture morale en devenant un cinéaste professionnel qui vit de son art mais dans un coin de mon crâne germe un nuage noir et bouillonnant s'approchant lentement du soleil de feu qui illumine mon âme.

Putain Gin, reviens vite, j'écris n'importe quoi quand tu n'es pas là…

Publié dans : Non classé |le 22 avril, 2009 |Pas de Commentaires »